Une nouvelle approche du social MMO avec Glitch ?

Connaissez-vous Stewart Butterfield ? C’est l’un des co-fondateurs de FlickR, le célèbre service de partage de photo. Saviez-vous qu’avant de devenir le service que nous connaissons FlickR était un jeu en ligne massivement multijoueur (Game Neverending) ? Le projet a rapidement été recentré en 2004 sur une activité plus viable (la partage de photo en mode freemium) mais certains de ces fondateurs n’ont pas perdu de vue leur projet d’origine. Celui-ci semble réactivé sous le nom de Glitch, un social MMO encore en phase de finalisation qui devrait sortir à la fin de l’année : What The Wii Did For Console Gaming, Glitch Wants To Do For MMOs. And It Just Might.

glitch_logo

Nous sommes donc en présence d’un jeu en ligne massivement multijoueur avec une forte dimension sociale. Jusque là rien de révolutionnaire, mais l’ambition affichée par l’équipe et leur savoir-faire en matière de plateforme sociale me font dire que ce projet est à surveiller de très près.

Le jeu est un grand voyage dans le passé pour re-découvrir le monde tel qu’il était à son origine, c’est à dire imaginé par 11 géants. Le gameplay est donc décomposé en 11 tableaux avec des signatures graphiques très différentes mais un but unique : Résoudre des énigmes et compléter des puzzles.

L'univers graphique de Glitch

Discussion entre deux joueurs dans Glitch

La collaboration sera une absolue nécessité pour progresser dans le jeu : Les joueurs devront ainsi apprendre à localiser et exploiter des matières premières et ressources, acquérir et perfectionner de nouvelles compétences et s’unir à d’autres joueurs au sein de communautés pour réussir les quêtes les plus ambitieuses.

Le système de compétences sera particulièrement sophistiqué avec un arbre à la Civilization pour une progression aléatoire et forcer les échanges entre joueurs (associations mutuellement profitables). Certains observateurs ont déjà comparer ce Glitch à un Sim 2.0 à la sauce sociale : Watching the birth of Flickr co-founder’s gaming start-up.

Sans être d’une finesse bluffante, l’univers graphique de glitch est particulièrement original avec des tableaux riches en couleurs :

L'univers graphique de Glitch

L'univers graphique de Glitch

Concernant le modèle économique, tout sera envisagé avec des abonnements premium, de la vente d’objets virtuels et de mini-jeux, des versions Xbox, Wii, iPhone Android… (cf. Glitch: Flickr’s Stewart Butterfield Explains His Ambitious Online Game). L’éditeur affiche donc une forte volonté de diversifier les revenus et de ne négliger aucune piste.

La sophistication du jeu se fera par étape mais il est déjà question de mondes sous-marins, de gouvernements locaux avec un système d’élection, de terrains et propriétés à louer, de taxes et d’impôts locaux… Bref, les possibilités semblent très vaste et l”éditeur compte bien sur la communauté pour l’aider à explorer les pistes les plus variées. Tout ceci n’est pas sans me rappeler MetaPlace qui affichait une ambition similaire.

Pour le moment les accès à la version alpha sont distribués au compte-goutte mais je suis sur les starting-blocks pour une découverte plus en profondeur.

Twinity, le monde miroir à l’assaut des grandes capitales

Voilà un petit bout de temps que je veux rédiger un article sur Twinity, au vue de l’actualité récente il est temps de passer à l’action. Twinity est donc un univers virtuel lancé en septembre 2008 par la société allemande Metaversum. Il se positionne dans la catégorie des mondes miroirs, ceux qui cherchent à reproduire fidèlement la réalité tout en y intégrant de petites touches de virtualité pour rajouter du piquant (sinon ça s’appelle Google Earth).

twinity-logo

L’univers est accessible à l’aide d’un viewer disponible en beta pour PC (pas de version Mac pour le moment). Graphiquement ça ressemble à Second Life (la comparaison est inévitable mais nous y reviendront plus tard), la prise en main est plutôt simple mais l’univers souffre d’un relative pauvreté : Twinity : le monde virtuel allemand s’ouvre au monde.

L'univers graphique de Twinity

L'univers graphique de Twinity

La principale particularité de Twinity est de proposer une approche communautaire localisée : Vous devez donc choisir une capitale lors de la création de votre compte (pour le moment Berlin, Londres ou Singapour).

Voyage virtuel à Londres avec Twinity

Voyage virtuel à Londres avec Twinity

Ce choix va donc conditionner votre expérience en fonction des lieux que vous visitez et des personnes (les avatars) que vous croisez.

Balade virtuelle à Trafalgar Square dans Twinity

Balade virtuelle à Trafalgar Square dans Twinity

Plus intéressant, cette dichotomie géographique peut vous permettre de rassembler des communautés éparpillées dans le monde mais également potentiellement dans le temps (en vous donnant accès à des périodes particulières de l’histoire) ou dans les centres d’intérêt (en recréant des univers axés sur une activité en particulier).

Berlin d'ajoud'hui (et d'hier ?) dans Twinity

Berlin d'aujourd'hui (et d'hier ?) dans Twinity

Du point de vue des annonceurs cette répartition est également très intéressante car elle permet d’expérimenter des magasins virtuels dans un environnement réaliste pour tester l’appétence des résidents : Twinity’s virtual London opens for business.

Mais ce qui fait la force de Twinity fait aussi sa faiblesse : Le recrutement de nouveaux résidents est fortement conditionné par la capacité de l’éditeur à “ouvrir” de nouvelles capitales. Même si l’éditeur a reçu du financement (Twinity scoops a further €4.5m to develop 3D cities) sa croissance risque d’être plus longue que celle d’univers plus génériques.

Concernant la concurrence avec Second Life, d’après ce que j’ai pu lire à droite à gauche, Twinity est plus simple que SL, donc plus limité (cf. Twinity Beta versus Second Life). Cet univers est donc beaucoup plus orienté vers la sociabilisation que vers la créativité pure (en témoignent les applications disponibles pour Facebook).

Au final Twinity est donc un acteur majeur dans la catégorie Mondes miroirs, il va devoir y faire sa place aux côtés d’autres univers comme Cities XL (cf. Cities XL Review) et essayer de ne pas se faire balayer par les mastodontes qui gravitent en périphérie (Google avec Earth, Microsoft avec Bing Maps).

À la découverte de Sanalika, le social MMO turc

Vous avez forcément entendu parlé du zeitgeist 2009, le palmarès des mots-clés les plus utilisés sur Google en 2009. Mais comme le fait très justement remarqué Techcrunch EU, il y a comme un intrus dans la liste : Why does Turkish startup Sanalika feature on Google Zeitgeist 2009?.

Les mots-clés les plus populaires en 2009

Les mots-clés les plus populaires en 2009 sur Google

L’intrus dans cette liste, c’est Sanalika, un univers virtuel turc orienté jeux en ligne multi-joueurs, en d’autres termes un social MMO. Bon vous pourriez me dire que “dantri.com.vm” ou “tuenti” sont aussi des intrus mais quand même… “sanalika” devant le raz-de-marée”new moon“. Peut-être que Sanalika est également un raz-de-marée dans son pays…

Il existe très peu d’infos sur Sanalika, si ce n’est les chiffres très impressionnants fournis par Techcrunch : 3 millions d’utilisateurs pour un site qui n’existait pas il y a un an (ouverture en Novembre 2008). Voilà une belle performance pour un pays où ils ne disposent pas d’un taux d’équipement élevé ou de connexions broadband à bas prix.

Pour le moment la page d’accueil de Sanalika est en rade (peut-être est-ce dû à un pic de trafic) mais sinon elle ressemble à ça :

La page d'accueilde Sanalika

La page d'accueil de Sanalika

Ils ont aussi un compte Twitter mais c’est en turc… Il y est donc question de sociabilisation et de jeux en ligne. Le look & feel en 3D isométrique est moderne et assez proche de ce qui peut se faire ailleurs (Habbo, SmallWorlds, Taatu…) :

L'interface de Sanalika

L'interface de Sanalika

Vous apprécierez le nombre important de joueurs à l’écran, visible également dans cette vidéo :

Je manque cruellement de précisions sur cet univers, mais en fouillant dans les archives de Google j’ai trouvé la preuve que les annonceurs y sont présents :

Les annonceurs dans Sanalika

Les annonceurs dans Sanalika

Voici donc un bel exemple de réussite “locale” pour un acteur qui a su s’imposer en un minimum de temps. Si vous avez plus d’infos, je suis preneur (merci de mettre des liens en commentaire).

Poptropica et Faunasphere à l’assaut des tweens

À chaque âge son offre, c’est ce que doivent se répéter les éditeurs lorsque l’on regarde la minutie avec laquelle les différents univers sont échelonnés en fonction de l’âge de leur cible : Webkinz, Club Penguin , DinoKids & cie pour les moins de 10 ans, Neopets et Barbie Girls pour les teens… Entre ces deux âges se trouve un créneau intermédiaire pour les tweens, des 10-12 ans qui sont suffisamment grands pour demander de l’argent à leurs parents mais pas assez pour gérer eux-mêmes un “budget” fixe (du moins c’est la théorie). Voilà pourquoi ce créneau présente un potentiel tout à fait intéressant.

Sur ce créneau là, il y a un acteur incontournable : Poptropica. Il ne s’agit pas réellement d’un univers virtuel mais plutôt d’un jeu en ligne avec des fonctionnalités sociales (cf. la fiche sur Wikipedia). Lancé en 2007, cet univers met en scène des personnages évoluant dans différentes iles pour y accomplir des quêtes. Tout se joue à la souris et le gameplay est très proche des jeux de plateformes en 2D :

L'univers de Poptropica

L'univers de Poptropica

En complétant des tâches et quêtes, les joueurs accumulent de l’expérience, des objets et des cartes permettant d’acquérir des capacités spéciales. Chaque joueur possède un profil où il est possible de voir son avancement et les objets qu’il a collectés :

La fiche de mon personnage dans Poptropica

La fiche de mon personnage dans Poptropica

Les interactions avec les autres joueurs se font au sein de pièces privées dont il faut posséder le code pour rentrer (pour des raisons de sécurité). La valeur ajoutée de cet univers ne réside donc pas dans ces interactions amis plutôt dans la capacité de l’éditeur à fidéliser les joueurs avec de nouvelles iles, quêtes et mini-jeux (cf. le blog officiel).

Depuis cette année une boutique a ouvert ses portes pour pouvoir acheter des crédits et changer le look de votre personnage :

La boutique de Poptropica

La boutique de Poptropica

Vous l’aurez compris, la philosophie de cet univers est de proposer un environnement ludique et sécurisé : Poptropica – A Free Flash Game That’s Fun For The Whole Family. Ne vous y trompez pas, Poptropica est un authentique succès avec plus de 75 millions de membres et 13 millions de V.U. par mois (Big Nate Draws Draws Big Numbers In Poptropica). Cela représente un beau potentiel de revenue pour celui qui sait l’exploiter, car l’univers est encore vierge de tout annonceur, certaines iles sont co-développées mais ça s’arrête là.

Récemment Big Fish Games a décidé de s’attaquer à ce créneau avec Faunasphere, un univers ciblant également les tweens :

La page d'accueil de Faunasphere

La page d'accueil de Faunasphere

Dans cet univers, les joueurs incarne des petits animaux étranges (les “Caretaker“) qui sont investis d’une mission à caractère écologique : nettoyer les différentes iles de l’univers et participer à son repeuplement en collectant des morceaux d’ADN pour faire revivre des espèces éteintes. Les joueurs évoluent donc dans un environnement en 3D isométrique assez bien fait :

L'univers de Faunasphere

L'univers de Faunasphere

Pour compléter les quêtes il faut de l’énergie et surtout un grand nombre d’ingrédients afin d’entretenir la faune. Vous pouvez donc échanger ou acheter ces ingrédients dans les nombreuses marketplace :

La marketplace de Faunasphere

La marketplace de Faunasphere

Vous vous doutez bien qu’il n’est possible d’accomplir qu’un nombre de tâches limités avant que les animaux se fatiguent et que vous serez toujours en manque d’un ou deux ingrédients. Voilà pourquoi il est possible d’acheter des crédits afin de progresser plus vite et d’acquérir de nouvelles compétences.

On croise de nombreux autres joueurs dans les différentes iles et il est également possible de les inviter dans votre ile personnalisable :

Mon île perso dans Faunasphere

Mon île perso dans Faunasphere

Au final Faunasphere se révèle pour le moment assez limité car le gameplay se résume à une course permanente pour trouver tel ou tel ingrédient : Faunasphere: A Casual MMO from Big Fish Games. Mais dans la mesure où Big Fish dispose une très grande expérience du jeu en ligne et des mécaniques casual, cet univers devrait progressivement s’enrichir et évoluer vers un dispositif plus complet, capable notamment de tirer partie des autres jeux en ligne disponibles au catalogue.

Encore une fois, l’essentiel des revenues de cet univers proviennent de la vente de crédits, pas d’annonceurs pour le moment et c’est bien dommage car ces différentes faunasphere seraient un terrain d’expression idéal pour de la communication corporate orientée développement durable.

Sparkle, premier monde virtuel pour iPhone

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La société Genkii dont les locaux sont basés à Tokyo a su pleinement exploiter l’interconnectivité entre l’iPhone et l’iPod touch en créant ce qui pourrait bien devenir un des premiers MMO pour iPhone et iPod touch.

Sparkle IM, l’application développée par Genkii est disponible sur l’AppStore  et permet pour le moment de  se connecter à Second Life et Opensim et d’échanger avec les avatars connectés: recevoir et envoyer des IMs, des demandes de téléportation et chatter. La vidéo ci-dessous, disponible sur le site de Sparkle ne nous montre cependant pas grand chose.

Mais l’ambition de Sparkle est loin de s’arrêter là puisqu’à terme Ken Brady, le porteur du projet, aurait l’intention d’en faire un véritable monde virtuel en 3D avec sa propre économie, ses espaces personnalisables, des fonctions de social networking et des objets virtuels que l’on pourra créer et s’échanger. Aux dernières nouvelles (en mars dernier) Sparkle attendait une levée de fonds pour accélérer son développement, si vous avez des infos là dessus n’hésitez pas à les partager en commentaire. Si Genkii réussi son pari alors Sparkle deviendra un véritable MMO pour iPhone. On peut très bien imaginer aussi étendre Sparkle pour les téléphones fonctionnant sous Android (pour lequel on prévoit une croissance de 900% cette année).

Sparkle attire donc notre attention sur les plateformes mobiles avec lesquelles il faudra sans doute compter aussi dans les prochaines années. En effet la croissance de l’internet mobile lors des deux dernière années a été de 74% ce qui me fait penser que les univers virtuels devront également trouver leur place sur cet internet mobile et que les éditeurs de ces mondes devront prendre en compte et penser les usages (et notamment les interactions)  spécifiques à ces plateformes mobiles.

Michelinman, avez-vous déjà vu le bonhomme Michelin en 3D ?

Michelin, la marque de pneumatique et son célèbre bonhomme se sont offert une interface 3D complète pour un site Web à la gloire de Michelinman. Certes, le site web ne vient pas d’être lancé mais je n’en avais pas connaissance et j’ai eu un véritable coup de foudre en le découvrant. Je vous fais donc partager mon enthousiasme et l’URL du site en espérant que certains le découvriront aussi.

J’ai particulièrement apprécié la fluidité du site et l’ensemble des scènes 3D qui correspondent bien à l’image de la marque. Puis, il faut quand même bien l’avouer : le bonhomme Michelin en 3D est génial !

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michelinman

Un lancement imminent pour Metaplace ?

Voilà un petit bout de temps que l’on attend la sortie de Metaplace (lire à ce sujet les premiers billets qui date de 2007 : Metaplace unveiled). Pour mémoire il s’agit d’un univers virtuel à caractère social qui était censé révolutionner le marché en proposant une plateforme de création d’univers virtuels. Bon au final nous avons quelque chose de moins ambitieux avec un univers browser-based où il est possible de créer son propre univers (ils appellent ça des Worlds).

Le style graphique adopté est orienté cartoon avec une vue en 2,5D :

L'univers de Metaplace

L'univers de Metaplace

Au niveau de la gestion des avatars c’est du très classique :

La gestion des avatars dans Metaplace

La gestion des avatars dans Metaplace

Vous pouvez parcourir les différents espaces avec la Metaplace Central (comme dans le défunt Lively) :

La liste des univers de Metaplace

La liste des univers de Metaplace

Et vous avez enfin la possibilité d’afficher les détails / caractéristiques d’un World :

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La page de détail d'un univers

Visiblement ils sont en phase finale de test et la plateforme ne devrait plus tarder à rapidement monter en puissance en acceptant plus d’inscrits. Difficile pour le moment de bien définir le positionnement de ce Metaplace, si ce n’est qu’ils vont donner une place importante aux jeux in-game ainsi qu’aux environnements créés par les utilisateurs (sur le même modèle qu’IMVU).

Nous sommes donc en présence d’un casual MMO proche de ce que peuvent proposer des concurrents comme OurWorld, SmallWorlds, Meez ou encore Whirled. Suivons ce chantier de près pour voir évoluer l’offre et surtout le modèle économique.

Découvrez 40 univers virtuels en 7 minutes

Pour vous remettre dans le bain (de la rentrée), je vous propose cette très instructive vidéo réalisée par Gary Hayes : 2008 Metaverse Tour Video, The Social Virtual World’s A Stage. Il s’agit d’une visite guidée de pas moins de 40 univers virtuels :

[youtube 0CijdlYOSPc]

Dans l’ordre d’apparition nous avons donc : Kaneva, YoVille, RocketOn, Prototerra, Gaia Online, HiPiHi, Google Lively, Habbo Hotel, Laguna Beach, Whyville, Twinity, Cyworld, Football Superstars, Weblin, IMVU, Second Life, Club Penguin, Active Worlds, vSide, A Tale in the Desert, Barbie Online, Amazing Worlds, Webkinz, Worlds.com, Spore, Exit Reality, SpineWorld, Stardoll, The Manor, There.com, Vastpark, Qwaq, Home, GoSupermodel, Grockit, Croquet, Metaplace, Coke Studios, Dreamville, Dubit, Mokitown, Moove, Muse, The Palace, Playdo, Sora City, Voodoo Chat, TowerChat, Traveler et Virtual Ibiza.

Ouf ! La plupart de ces univers sont présent dans ma cartographie des univers virtuels mais je me rend compte qu’une petite mise à jour ne serait pas du luxe…

Claudius City : un ambitieux projet de site de rencontres

Un site de rencontres pas comme les autres

Je vous vois déjà sursauter et vous dire : « Quoi, encore un enième site de rencontres ?». Vous vous demandez donc probablement l’intérêt d’un tel site parmi les milliers d’autres déjà existants.

Pas si vite ! La nouveauté pourrait bien venir du concept car ce site de rencontres utilise des avatars 3D. Toutefois, Come In My World, dont vous avez peut-être déjà entendu parler, propose déjà cette approche en offrant un univers virtuel dans lequel on se déplace via un avatar en 3D et où l’on chatte avec sa propre voix. Tout le concept de Come In My World est basé sur le rôle que joue la voix dans la rencontre amoureuse et l’on peut dire que cet univers est plutôt une réussite même s’il s’agit encore d’une version bêta et que quelques améliorations seraient les bienvenues (voir mon article sur Come In My World ici).

Mais revenons-en à Claudius City : toute la nouveauté réside en fait dans la technologie 3D utilisée. Effectivement www.claudiuscity.com utilise une technologie associant un moteur 3D et une interface flash. Cette nouvelle technologie a permis de développer des graphismes de très bonne qualité (en dépit des ressources nécessaires pour faire tourner l’application : voir mon test plus bas dans ce même article).

Renforcer les liens entre le v-marketing et le e-commerce

Bien que la technologie utilisée soit nouvelle, Claudius City n’est pour le moment qu’un chat 3D. Cependant, Mathieu Priault, chargé de la communication de Claudius City affirme que « le but d’ici le second semestre 2009 est de développer Claudius City en univers virtuel ». Et il ajoute : « Nous cherchons à développer les univers de marque et le v-marketing ». Voilà qui devient intéressant.

J’ai également pu apprendre via Mathieu Priault que Claudius City offrirai une forte interopérabilité aux marques et un véritable service publicitaire :

« Grâce à la technologie utilisée par Claudius City, tous les scenarii sont possibles, et nous proposons aux marques de customiser l’application à leurs effigies. L’un de nos objectifs est de développer les univers de marque et le lien v-marketing – e-commerce. Pour cela nous mettons en place un système de tracking efficace pour mieux identifier les cibles et leurs comportements. Par exemple pour accélérer la performance des campagnes annonceurs, nous proposons des espaces de « qualification déclarative ». Ce sont des contacts mieux qualifiés grâce à des formulaires de mise à jour de profil ou à des questionnaires en ligne totalement intégrés dans la communauté. »

La valeur ajoutée de Claudius City se situerai donc principalement du côté des annonceurs et non de celui des internautes. Car en effet, pour l’internaute la différence entre Claudius City et un autre univers de rencontres en 3D réside principalement dans la qualité du graphisme proposé.

Un test rapide de l’application

Je vous propose un résumé rapide du test que j’ai effectué aujourd’hui (les opinions et ressentis sont bien évidemment personnels et n’engagent que moi, je vous invite à vous inscrire à la bêta fermée pour vous faire votre propre idée).


Design du site web

Au premier coup d’œil la home du site est conviviale, accueillante et moderne. Un petit bémol cependant quant à la vignette en haut à droite « Cool 3D Inside » qui fait un peu « super promo pour les pâtes » à mon goût mais comme on dit : les goûts et les couleurs…

Téléchargement et installation

Un fichier d’installation un peu lourd pour un temps de téléchargement plus long que ceux auxquels nous sommes habitués, cela tient en partie au fait que Direct X et Flash Player sont directement inclus. L’installation en elle-même prend à peine une minute.


Premiers pas

Le moins que l’on puisse dire c’est que cet univers virtuel n’est pas accessible à Monsieur Tout Le Monde : en effet, on nous annonce d’emblée que si l’on ne possède pas une carte graphique digne de ce nom (comprendre au moins une Geforce 7600) et 1 Go de RAM et bien… ça va ramer ! La rencontre amoureuse en 3D est donc réservée pour le moment à une petite tranche de la population possédant un ordinateur dernier cri : dommage.
Premier point positif : l’avatar qui apparaît à l’écran semble plus vrai que nature, je vous laisse en juger par ce screenshot :

claudius city avatar

La personnalisation de l’avatar est très basique mais rappelons que nous sommes en version bêta et que des améliorations seront certainement apportées petit à petit. Espérons que des possibilités de personnalisation plus avancées de l’avatar seront au programme. Néanmoins, on peut sélectionner un fond parmi un large choix de décors d’ores et déjà disponibles. Les avatars sont présentés de face, assis devant un clavier avec lequel ils chattent. La situation de chat en elle-même est claire, on peut donner différentes expressions à son avatar et lui faire faire quelques gestes qui sont plutôt convaincants.

En conclusion de cette première visite

1.    un chat 3D agréable qui propose des dialogues à deux faciles.

2.    On regrette un peu qu’il n’existe pas de salle où l’on puisse dialoguer avec plusieurs personnes mais cela devrait être possible par la suite dans l’univers virtuel.

3.    Un très beau graphisme

4.    Une interface simple et claire

Les conditions à réunir pour que Claudius City tire son épingle du jeu

  • Proposer une customisation facile pour les marques : devront-elles passer par les services de Claudius City où pourront-elles customiser leur espace elles-mêmes ?
  • Avoir un public suffisamment nombreux pour que les marques aient envie d’investir. Et pour cela il faut d’abord espérer que les ordinateurs personnels évoluent très vite et que les configurations basiques intègrent des cartes graphiques suffisamment puissantes pour supporter Claudius City.
  • Réussir à faire naître une véritable communauté autour de Claudius City et gagner la fidélité des internautes. A mon sens, cela ne sera possible qu’en accompagnant le lancement de Claudius City par une stratégie de communication aussi bien online que offline.
  • Proposer des solutions packagées et offrir un tracking qui permette aux annonceurs d’avoir une vue immédiate sur leurs investissements.
  • Relever le défi de lier v-marketing et e-commerce c’est-à-dire de permettre la vente de produits réels directement au sein de l’univers virtuel. Le fait que le graphisme soit de très bonne qualité est un premier bon point car Claudius City permettrait de mettre les produits particulièrement en valeur.

Claudius City est donc un projet particulièrement ambitieux que je soutiens à 100%. J’espère que toutes les fonctionnalités annoncées pourront voir le jour rapidement et faire avancer à grands pas les univers virtuels.

Lively: l’univers virtuel selon Google

La rumeur selon laquelle Google préparait un monde virtuel concurrent de Second Life circulait déjà depuis plusieurs mois. Depuis aujourd’hui ce n’est officiellement plus une rumeur puisque Google a lancé Lively, un monde virtuel accessible dans votre navigateur web (Firefox ou IE) via votre compte Google et qui vient s’ajouter à la liste déjà impressionnante des services Google. Après le succès de Second Life, Google ne pouvait garder sa place de leader de l’internet sans proposer sa vision des univers virtuels. Après une journée à me languir, j’ai enfin pu tester Lively ce soir en rentrant du travail. Après l’installation en 5 minutes d’un plugin Firefox de 500ko, me voilà directement en mesure de découvrir l’univers ! Je suis agréablement surprise par cette simplicité.

L’univers virtuel selon Google est plus coloré et a un graphisme cartoonesque mais il est aussi et surtout beaucoup plus « user friendly » à l’image de tous les services Google. Une impression de service sympathique et convivial m’a tout de suite conquise. Lively vous permet de créer un avatar en 3D parmi un choix restreint mais où la diversité du « type » d’avatar (humain ou animal) est appréciable. Une fois votre avatar crée, vous pouvez allez à la rencontre d’autres avatars dans des « rooms » qui sont des salles de chat en 3D que vous pouvez créer vous-même en quelques clics et aménager selon vos envies avec du mobilier et des accessoires issus d’un catalogue. Tous les objets sont gratuits… pour le moment. Vous pouvez évidement chatter, exprimer des émotions avec des animations plutôt réussies, et même avoir des interactions « physiques » avec d’autres avatars comme un baiser. J’ai évidemment tout de suite crée une « room » à laquelle vous pouvez accéder ici.

Les fonctionnalités les plus intéressantes sont:

  • La compatibilité IE / Firefox, un plugin léger à télécharger et une installation éclair ;
  • Le système de déplacement simplifié (il suffit de « drag and dropper » votre avatar pour le faire marcher ou de double cliquer sur un point pour vous y rendre) et la caméra intuitive qui permet une familiarisation en douceur avec la 3D ;
  • Créer en quelques minutes sa propre « room » en 3D personnalisable accessible à seulement une vingtaine d’avatars pour éviter que ce ne soit trop la cohue ;
  • Gestion des droits de votre « room » : vous pouvez décider de ce que les invités de votre « room » ont le droit de faire (déplacer les objets, ajouter de nouveaux objets etc…) ;
  • Votre « room » peut-être intégrée dans une page web en un copier-coller du code fourni, de cette manière elle est accessible directement depuis votre blog ou votre site ;
  • Lecture de vidéo Youtube sur les écrans ;
  • Système d’aménagement simple à manipuler ;
  • Choix entre des avatars de type humain ou des animaux (beaucoup plus funs à mon goût) ;
  • Possibilité de télécharger un petit MP3 pour mettre en musique de fond de votre « room » à condition qu’il ne fasse pas plus de 512kb;
  • Un fort potentiel de buzz étant donné que l’on peut inviter ses amis à rejoindre sa “room” directement dans Lively en tapant leur adresse mail et en leur envoyant un message personnalisé.

Le seul défaut majeur que j’ai pu identifier lors de mon test, ce sont de gros crash sous Firefox qui m’ont obligée à annuler le processus plusieurs fois.

Voici quelques screenshots de mon test:

Les questions soulevées par cette visite :

  • L’aspect financier ne semble pas avoir été oublié par Google, même si tout est proposé gratuitement à l’heure actuelle. Dans le catalogue des objets disponibles pour personnaliser les « rooms » ou les avatars, la mention “prix” indique “gratuit”, mais laisse présager de futurs objets payants. Reste encore à savoir de quelle manière : Google va-t-il lancer le Google Dollar à l’instar des « linden dollars » ?
  • Quand cette version sera-t-elle stable ? Car ce qui m’a le plus gênée ce sont les crashs multiples qui m’ont découragée de visiter plus de « rooms ».
  • La publicité absente de Lively mais pour combien de temps ? L’intégration de YouTube et de Picasa montre bien que Google est capable d’importer du contenu dynamique au sein de Lively. Que rêver de mieux pour les annonceurs que des salles spécifiques, très ciblées, pour placer de la publicité ?
  • Google va-t-il mettre en place un service de conseil et d’aide à l’implantation des entreprises désirant rejoindre Lively? C’est une option à considérer si l’on tient compte des erreurs faites dans Second Life avec des îles de marque complètement désertes.

Lively n’en est qu’à ses balbutiements et bien des hypothèses sont envisageables pour l’avenir de ce service qui a su relever le défi d’intégrer une vraie dimension « web collaboratif » dans un univers virtuel. Même si le lancement de ce service a fait couler beaucoup d’encre aujourd’hui, il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’utilisation que l’on en fera.

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