Disney acquière Playdom et Tapulous pour devenir un géant du jeu en ligne

Nous savions déjà que Disney misait gros sur le web avec le portail Go.com et sur les univers virtuels avec Club Penguin (racheté en 2007 pour 700 millions de $), Toon TownWorlds of Cars (cf. Disney teste un nouvel univers virtuel sur le thème de Cars) ou encore Pixie Hollow (cf. Disney lance Pixie Hollow, son univers virtuel féérique). Normal pour une géant des médias qui cherche à se diversifier (tout comme MTV).

Mais sur les deux derniers mois, Disney a procédé à deux nouvelles acquisitions qui permettent au géant du divertissement de s’installer durablement sur deux créneaux à fort potentiel : Les jeux mobiles et les social games.

Il y a tout d’abord l’acquisition de Tapulous, l’éditeur du fameux jeu pour iPhone TapTapRevenge : Tapping on!. Disney avait déjà des applications mobiles distribuées sur l’iPhone (comme l’application Alice in Wonderland) mais cette acquisition va lui permettre de mettre la main sur une très grosse base de joueurs (35 millions d’installations pour la série Tap Tap, l’équivalent de Guitar Hero sur iPhone) avec un modèle économique récurent tout à fait redoutable. L’application est en effet gratuite mais très limitée, vous avez soit la possibilité d’acheter les musiques à l’unité, d’acheter les musiques en bundle avec des versions dédiées de l’application (Disney possède les droits de nombreuses stars qui se prêtent volontiers à cet exercice comme Justin Bieber), de personnaliser votre avatar avec des fringues et goodies virtuels (là encore il y a des synergies à trouver avec les nombreuses licences qu’exploite Disney).

Tap Tap Revenge sur l'iPhone

Tap Tap Revenge sur l'iPhone

Il y a ensuite l’acquisition de Playdom pour plus de 750 millions de $ : Disney Announces Playdom Acquisition for $563.2M, Plus Up to $200M Earn-Out. Playdom est un éditeur de social games de premier rang qui compte des titres comme Sorority Life, Social City, Mobster ou dernièrement Bola. C’est une acquisition record (pour mémoire EA n’a dépensé “que” 375 M de $ pour Playfish) pour un acteur qui totalise plus de 42 millions de joueurs mensuels.

Sorority Life sur Facebook, MySpace et smartphones

Sorority Life sur Facebook, MySpace et smartphones

Et ce n’es pas tout, car Disney s’apprête également à lancer un MMORPG d’envergure avec The Super Hero Squad Online qui exploite la licence Marvel (racheté l’année dernière pour 4 MM de $).

Super Hero Squad Online, le futur MMORPG de Disney

Super Hero Squad Online, le futur MMORPG de Disney

Un très beau produit pour assurer une transition en douceur des jeux en ligne (au hasard Club Penguin) vers du MMORPG, d’autant que le catalogue Marvel contient près de 5.000 super-héros (donc d’innombrables possibilités). En tout cas un jeu remarquablement bine positionné par rapport à son grand rival (DC Universe Online) qui sortira lui-aussi bientôt.

Et ce n’est pas tout, parce que le partenariat privilégié avec Pixar devrait logiquement ouvrir d’autres possibilités avec des licences très fortes comme Toy Story qui ne demande qu’à être adapté.

Bref, en une petite année, Disney a su investir pour diversifier son portefeuille d’activité et placer des billes dans des niches à fort potentiel comme les plateformes sociales, la mobilité ou encore les MOG. Après cette impressionnante série, je me demande où va s’arrêter Disney…

PopSugar + FarmVille = Retail Therapy

Face au succès gigantesque de Farmville, de nombreux éditeurs se lancent dans la course et proposent une armée de clones comme Country Story ou We Farm. Différents déclinaisons ont également été faites en reprenant les mêmes mécaniques de jeu (pirate, restaurant, hôtel, pionniers…). Mais tout récemment, c’est un concurrent inattendu qui est rentré dans la dance : PopSugar, l’éditeur de la galaxie de sites feminins avec un social games de gestion de boutique de fringues : Introducing PopSugar’s Retail Therapy Game on Facebook!.

Créez et gérez votre boutique avec Retail Therapy

Créez et gérez votre boutique avec Retail Therapy

Le principe de ce jeu est d’ouvrir et de gérer une boutique de prêt-à-porter. Le fonctionnement est assez classique dans la mesure où vous utilisez votre compte Facebook pour vous identifier et que vous commencez par la création de votre avatar :

Création de votre avatar dans Retail Therapy

Création de votre avatar dans Retail Therapy

Première constatation : Les marques sont ouvertement présentes dans le catalogue de fringues proposées (GAP, Banana Reopublic…). De plus, vous pouvez constater que certains objets virtuels ne peuvent être acheté qu’avec des Facebook Credits et non la monnaie “locale”. Vous disposez au départ d’une petite somme qui vous permet de vous équiper convenablement.

Ensuite vient l’étape d’aménagement de votre boutique (décoration, mobilier, agencement…). Le tout ce fait grâce à un tutorial plutôt intuitif : Les armoires servent à stocker les commandes en attente de livraison et les présentoirs à exposer les produits. Plus vous avez d’armoires et plus vous pouvez commander de produits (qui mettent entre 5 minutes et plusieurs heures à être livrées en fonction de la quantité). Plus vous avez de présentoirs et plus vous avez de stock et surtout de diversité. Une fois votre boutique ouverte, les clientes commencent à papillonner et les premières ventes se font très rapidement :

Les premières clientes sont déjà là

Les premières clientes sont déjà là

Passé cette première étape, la mécanique du jeu commence à se dévoiler : Tout est une question de diversité de la gamme, de gestion des stocks et de disponibilité du personnel. Une gamme large permet d’attirer plus de clientes et de générer plus de ventes potentielles, par contre chaque référence de produit monopolise une armoire. À chaque armoire correspond une commande, élargir la gamme signifie investir dans des présentoirs, des portants mais également des armoires pour assurer les commandes. Le problème c’est qu’au début du jeu votre trésorerie est limitée. Ce qui est très dommage car vous aurez justement besoin de trésorerie pour commander des produits.

Vient ensuite le problème de gestion des stocks : Commander en grande quantité veut dire allonger le délais de livraison, donc augmenter le risque de rupture de stock (en plus du risque de griller vos fonds propres).

Et pour finir il y a également la gestion du personnel : Il faut être disponible pour pouvoir renseigner les clientes (celles qui ont une bulle au-dessus de la tête), encaisser les ventes (celles qui ont un $ au dessus de la tête) et mettre en rayon les articles réceptionnés. Un aspect critique du jeu car les clientes n’attendent pas, la vente n’est pas transformée si vous ne vous libérez pas au bout de quelques secondes. Très rapidement vous vous retrouvez à courir aux quatre coins de la boutique. De ce point de vue, ce jeu présente une légère ressemblance avec un Diner Dash. Vous avez la possibilité de recruter des employés, mais seulement à partir d’un certain niveau d’expérience.

Autre point essentiel du jeu : L’approvisionnement. Le choix des produits est essentiel pour attirer les clientes, vous devez donc passer par le catalogue pour constituer votre commande :

Commande de produits dans Retail Therapy

Commande de produits dans Retail Therapy

Les produits les plus sophistiqués ne sont accessibles qu’avec un niveau d’expérience élevé, donc un certain nombre de ventes. Autre solution : Aller vous approvisionner directement en boutique. C’est là une particularité très intéressante du jeu : Les marques sont présentes en tant que fournisseur (dans le catalogue) mais également en tant que compétiteur (avec leur boutique). Bien évidement vous vous doutez que les boutiques “officielles” des marques sont de véritables palais comparées à votre boutique :

La boutique de TopShop dans Retail Therapy

La boutique de TopShop dans Retail Therapy

Plus vous progressez dans le jeu et plus vous pouvez agrandir votre boutique et votre équipe. Force est de constater que si le gameplay est moins sophistiqué qu’un FrontierVille (où sont les quêtes ?), ce jeu est une authentique simulation qui sait allier la pédagogie d’un serious game et l’addiction d’un bon social games.

Au-delà du côté ludique, ce jeu présente plusieurs aspects très intéressants :

  • La synergie avec les portails de contenu (pour doper l’audience avec des joueuses ciblées)
  • Les revenus potentiels avec la vente de crédits (pour booster votre progression)
  • La présence assumée des marques qui peuvent tester l’appétence de certains produits (en les présentant en exclusivité)
  • La possibilité de détecter des tendances en anticipant les saisons…

Bref, ce jeu est une authentique mine d’or aussi bien d’un point de vue business que marketing que comportemental. Pour le moment ils n’en sont qu’au début, mais j’ai hâte de voir comment tout ceci va évoluer et surtout quelles interactions ont être développées avec les contenus en ligne.

Déjà 10 ans pour Habbo

Voilà près de 10 ans que Habbo a été créé, en fait pas tout à fiat puisque la toute première version en finnois date du mois d’août 2000 (à l’époque ça s’appelait “Hotelli Kultakala“) : Habbo Hotel Turns 10 Years Old and the Success Story Continues.

habbo_timeline

Une longévité record pour un service dont on parle peu compte tenu de ses statistiques impressionnantes :

  • 172 millions d’avatars créés ainsi que 120 millions de chambres ;
  • 40 millions d’heures de jeu par mois pour une durée moyenne de 42 minutes ;
  • 15 millions de V.U. mensuels ;
  • Des utilisateurs dans plus de 150 pays et 11 traductions de l’interface.

Bref, Habbo est un succès et l’âge plus que respectable de la plateforme (le double de Facebook) ne l’a pas empêché d’évoluer dans le temps (cf. Une nouvelle version pour Habbo et Habbo intègre Facebook Connect et propose un outil de mesure des conversations). Pour ces 10 ans, je vous propose cette petite vidéo des fondateurs (Sampo Karjalainen et Timo Soininen) :

Concernant le volet financier, Sulake annonce un C.A. de 20 M de $ pour le premier trimestre 2010 (en hausse de 25%) avec un volume d’échange annuel qui s’élève à près de 600 M de $ (pas du C.A. mais l’équivalent des échanges de marchandise entre joueurs).

J’ai toujours surveillé de près Habbo car cette plateforme est positionné sur un créneau délaissé par les grosses plateformes sociales (les pré-ados). Habbo est donc un terrain d’observation privilégié pour la génération Z dont l’éditeur nous fournit d’ailleurs quelques éléments ici : Generation Z Reveal Expectations for a Digital Future in Global Study by Habbo Hotel.

(via The Guardian)

Restructuration et changement de cap pour Second Life

La nouvelle est tombée la semaine dernière : Linden Lab, l’éditeur de Second Life, va procéder à une restructuration et licencier 1/3 de son personnel (soit une centaine de personnes) : A Restructuring For Linden Lab. Les raisons invoquées sont une rationalisation des coûts (pour éviter un retour à une situation d’endettement) et une concentration des efforts sur les résidents. Plus intéressant, le CEO s’est avancé sur deux promesses : Transformer l’expérience de Second Life en quelque chose de plus social et fournir une version web du player qui permet d’accéder au monde (cf. Second Life cuts staff, promises Web viewer).

La page d'accueil de Second Life

La page d'accueil de Second Life

Voilà deux annonces tout à fait intéressantes et surtout très structurantes pour l’avenir de Second Life. Depuis l’arrivée de Mark Kingdom, de très gros efforts avaient été déployés pour stabiliser la plateforme (aussi bien du point de vue technique que des contenus : Usages stables et croissance économique pour Second Life), pour sortir un nouveau viewer et viabiliser l’offre dédiée aux entreprises. Si ces chantiers ont été menés avec brio, la croissance fulgurante de ces dernières années de plateformes sociales comme Facebook ou Twitter ont semble-t-il donné envie aux actionnaires de bénéficier du raz-de-marée social.

Suite à ces annonces, des perturbations se sont fait ressentir sur le LindenX et ont incitées l’éditeur à dévaluer sa monnaie virtuelle (An Update on the Linden Dollar) provoquant ainsi un mini vent de panique (Virtual worlds crisis develops into virtual currency upheaval) mais qui est retombé depuis (Linden Dollars: where’s the panic?).

Maintenant que la communauté a digéré ces annonces, que reste-t-il ? Une plateforme technique viable, un écosystème stabilisé… et une marque en train de tomber dans le travers du générique. Comprenez par là que Linden Lab a investi énormément et fournit des efforts considérables pour évangéliser un concept et des pratiques qui sont petit à petit en train de se diluer sur des plateformes alternatives comme les OpenSim. Problème, gros-gros problème pour l’éditeur qui doit impérativement revoir sa copie pour s’extraire de ce piège et développer de nouveaux leviers de différentiation. L’option retenue semble donc de rééquilibrer les efforts vers les résidents (le coeur de la communauté) et de renforcer la couche sociale de la plateforme qui passera nécessairement par une version web (par opposition à l’utilisation exclusive d’un player comme actuellement).

Il y a donc fort à parier qu’une bonne partie de ce que l’on fait actuellement dans le viewer sera visible directement sur le web, j’anticipe ainsi un enrichissement des dashboards avec des listes d’amis et des espaces persos de type lifestream. Pour ce qui est de la partie in-world, cela va beaucoup dépendre de la technologie 3D employée (Flash ? Unity3D ? 3DVia ?) et de la dégradation envisagée par l’éditeur (car il est impensable d’avoir un rendu 3D et une couverture fonctionnelle aussi large que le viewer dans le navigateur. J’aime beaucoup la liste dressée par le blog Hypergrid Business (Web viewer a potential turning point for SL) mais je serais bine incapable de prédire les attentes (ou le refus) de la communauté.

Cette stratégie de repositionnement va-t-elle réussir à Second Life ? Impossible à prédire tant que l’on n’en sait pas plus sur leurs plans. Toujours est-il que je partage entièrement l’analyse de Serge Soudoplatoff quand au potentiel des univers virtuels : A propos de second life, et des mondes virtuels. En quelques mots : Les univers virtuels conservent un potentiel toujours intact avec des niches de croissance extrêmement fortes comme les plateformes destinées aux pré-ados, ou des industries fortement consommatrices comme le monde de l’éducation et de la recherche ou encore l’initative vGov de l’administration US.

Exemple de simulation dans le monde médicale

Exemple de simulation dans le monde médicale - Plus d'infos chez Daneel Ariantho

Je conclurais rapidement là-dessus (car ce n’est pas le thème de cet article) : Les univers virtuels à la Second Life sont un formidable terrain d’expérimentation avec un horizon de maturation se situant dans les 5 à 10 ans. Ils vont petit à petit s’installer dans notre quotidien professionnel (serious games, v-meeting…) et enfin démontrer leur véritable valeur ajoutée tout en restant un produit de niche qui n’a pas pour finalité de remplacer des médias de masse comme la télévision ou le web.

MàJ (01/07/2010) : Suite à cette restructuration, Mark Kingdon a annoncé son départ, laissant la place à… Philip Rosedale en tant que CEO intérimaire. Plus d’infos ici : Mark Kingdon Leaves Linden Lab, Philip Steps in.

Un pas en arrière et deux pas sur le côté pour Zynga

Décidément l’actualité est vraiment très chaude pour Zynga qui n’en finit pas de faire parler de lui (vous noterez d’ailleurs que c’est le troisième billet consécutif que je rédige sur cet éditeurs de social games). Au cours des dernière semaines, Zynga s’est ainsi fâché avec Facebook pour une histoire de revenus et de commissions sur les transactions (Zynga pourrait lancer sa propre plateforme virtuelle et divorcer de Facebook) puis voyant que Facebook pouvait faire pression (Zynga’s Losing Streak Continues) ils ont décidé de se réconcilier (Why Facebook and Zynga Declared a 5-Year Truce).

Bref, le partenariat entre Zynga et Facebook semble plus fort que jamais, sauf que… il semblerait que Zynga cherche à ne pas regrouper tous ses oeufs dans le même panier avec notamment un partenariat tout neuf avec Yahoo! : Yahoo to Run Zynga Games Across its Properties. Cet accord fait suite à un autre accord de distribution avec MSN signé en début d’année (Zynga’s FarmVille Comes to MSN Games).

Donc la stratégie de Zynga est d’élargir son réseau de distribution sur d’autres plateformes (dont notamment MySpace et l’iPhone) ? Non pas réellement, la tendance serait plus à une distribution sélective avec notamment l’abandon de Tagged obligeant l’éditeur à distribuer des coupons de réduction (virtuels) pour rapatrier ses joueurs sur Facebook : Zynga Goes To The Mattresses With Mafia Wars Users.

Voilà donc où nous en sommes aujourd’hui : Un éditeur roi sur son créneau qui verrouille sa présence sur les portails et les plateformes sociales à plus fort trafic (Facebook, MySpace, Yahoo!, MSN et iTunes). Pour le moment la situation est stabilisée, ces partenariats sont à la fois la force et la faiblesse de Zynga dont les aspirations d’indépendance (avec Zynga Live) semblent neutralisées.

Après tous ces rebondissements, je ne pense pas que Zynga cherche à nouveau à fragiliser cet équilibre dans les prochains mois, surtout avec le lancement en grandes pompes de FrontierVille, le petit dernier de la gamme : Zynga Heads Out West for Its Latest Release, FrontierVille.

FrontierVille, le dernier social games de Zynga

FrontierVille, le dernier social games de Zynga

Nous verrons bien si l’été sera une période propice pour le développement de l’activité (moins de travail = plus de temps libre au bureau).

Le Géant Vert distribue des items virtuels dans FarmVille

Vous connaissez FarmVille ? Mais si enfin, le social games de référence qui totalise près de 75 millions de joueurs sur Facebook. Il semblerait que le succès du jeu inspire les marketeux qui s’en donnent à coeur joie pour profiter de la popularité du jeu de Zynga.

Deux opérations ont ainsi été lancées ce moi-ci en partenariat avec des marques hors-ligne. La première concerne l’enseigne de distribution 7-Eleven qui propose à la vente des produits que vous pouvez également débloquer dans les jeux de l’éditeur (FarmVille, Mafia Wars et YoVille) : Zynga and 7-Eleven Start Cross-Promotion Partnership. Cette campagne est donc la seconde phase du partenariat puisque 7-Eleven distribue également des cartes pré-payées. Autant pour FarmVille je trouve que cette campagne est tout à fiat cohérente, autant pour Mafia Wars, je ne comprend pas en quoi acheter un milk shake donne droit à des armes (je dois surement me faire vieux…).

Illustration du partenariat avec 7-Eleven

Illustration du partenariat avec 7-Eleven

Deuxième campagne encore plus intéressante avec Green Giant (”Le Géant Vert” chez nous) qui imprime des codes sur les emballages de ses packs de légumesFarmVille Green Giant Fresh Promotion Live.

Les points FarmVille à gagner sur les packs de légumes

Les points FarmVille à gagner sur les packs de légumes

Vous pouvez ensuite utiliser ces codes pour récupérer des Farm Cash :

Placement produit dans FarmVille

Placement produit dans FarmVille

Voilà une campagne particulièrement inspirée et surtout parfaitement intégrée à la mécanique du jeu. Idéalement il aurait fallu faire correspondre les articles (un pack de tomates donne droit à x plants de tomates virtuelles) mais c’est déjà très bien comme ça.

À quand un équivalent chez nous ?

(via Virtual Goods News)

Zynga pourrait lancer sa propre plateforme virtuelle et divorcer de Facebook

En ce moment la tension est très forte entre Zynga (le roi de social games) et Facebook (le roi des plateformes sociales). Les raisons de cette tension sont bien évidement économiques mais pourrait avoir d’énormes répercussions si le conflit s’aggravait : Facebook and Zynga Battle Over Credits, and Bigger Platform Issues.

Zynga, le poids lourd des social games

Pour vous la faire courte, Zynga est l’éditeur de social games ayant le plus de succès (Farmville, Mafia Wars, Café World, Texas HoldEm Poker…). Leur force est d’avoir su acquérir en un temps record une grande maitrise des mécaniques de jeux qu’affectionnent les utilisateurs et leurs dernières créations sont des francs succès (Treasure Isle).

x jeux de Zynga sont dans le Top10 de Facebook

7 jeux de Zynga sont dans le Top10 de Facebook

D’après les dernières estimations, les social games de Zynga réunissent 243 millions d’utilisateurs uniques dont 60 millions d’utilisateurs journaliers. Oui c’est énorme, d’autant plus qu’ils ont également mis en place un modèle économique redoutable qui a été stabilisé depuis la tourmente de l’année dernière (Scamville, ou pourquoi les social games ne sont pas la poule aux oeufs d’or). Les revenus proviennent ainsi majoritairement de la vente d’objets virtuels, directement sur le site ou par le biais de cartes prépayées qui sont vendues en grande distribution (les Zynga Game Cards).

ZyngaGameCards

Ils éditent également un mini-univers virtuel (YoVille) proposant une plus grande liberté et des modalités d’interactions plus poussées :

YoVille, l'univers virtuel de Zynga

YoVille, l'univers virtuel de Zynga

Facebook serait-il devenu trop gourmand ?

Nous avons donc d’un côté Zynga qui est le leader incontesté de son créneau (avec une croissance et une rentabilité très solide) et de l’autre Facebook qui aimerait bien profiter de ce succès pour engranger encore plus de C.A. (ils ont une grosse dette à rembourser). Les hostilités ont donc commencées l’année dernière quand Zynga a essayé de reprendre la main sur ses joueurs en tentant de récupérer leur adresse email. La réponse de Facebook a été immédiate : Ils ont modifié le fonctionnement de la Facebook Platform pour neutraliser le système de notification (un mécanisme essentiel à la croissance des social games).

Le conflit entre les deux sociétés est maintenant bine plus grave puisqu’il est question du coeur même du modèle de revenu : Facebook essaye d’imposer à Zynga sa monnaie virtuelle (les Facebook Credits) et ses conditions (une commission de 30% sur les revenus). Problème : 30% c’est beaucoup, surtout pour une monnaie virtuelle dont le fonctionnement n’est pas encore stabilisé et dont l’éditeur a pris la très mauvaise habitude de changer les règles du jeu quand ça l’arrange.

Partant du principe que Zynga maîtrise sa propre monnaie virtuelle ainsi que son réseau de distribution (les Game Cards), pourquoi devraient-ils se faire imposer les conditions de Facebook ? Ils ont donc entamé l’année dernière une stratégie de désengagement avec notamment le lancement de FarmVille.com et plus récemment celui de YoVille.com. Le but de cette manoeuvre étant de réduire leur dépendance aux réseaux sociaux (cf. Zynga Shutting Down YoVille On Tagged, Opening YoVille.com).

Le fait d’héberger ses propres jeux est un plus indéniable car cela leur donne toute liberté sur les évolutions technologiques et sur les leviers de monétisation. Un luxe que seul Zynga semble pouvoir se permettre car ils ont dépassé depuis longtemps la masse critique d’utilisateurs nécessaires. Pour les éditeurs de plus petite taille c’est une autre histoire : Ils n’ont d’autres choix que de se faire imposer les conditions de Facebook (cf. Facebook’s Darth Vader Grip On Game Publishers).

Vers une indépendance totale de Zynga ?

Sur sa lancée, Zynga envisage donc de passer à la vitesse supérieure et de lancer son propre portail de casual gaming (Zynga Live) afin de couper totalement les points avec les réseaux sociaux : Zynga plans Zynga Live site to diversify away from Facebook. Certes, la manoeuvre est risquée et Zynga a toutes les chances de voir ses revenus baisser (Zynga’s Profit Machine At Risk) mais j’imagine que l’opportunité de piloter son propre navire est tentante.

Les modèles sud coréens et japonais (Nexon, Ijji, NCSoft, NDoors, gPotato, GamesFirst…) doivent motiver les patrons de Zynga à acheter leur indépendance, car il y aura bien un prix à payer.

Un rapport de force inversé : Rentabilité vs. audience

Dans cette histoire j’ai le sentiment que Zynga est tout de même en rapport de force par rapport à Facebook malgré l’audience colossale de ce dernier. Le problème est que l’audience ne vaut rien si elle n’est pas transformée en bénéfices. Et sur ce point-là Facebook c’est rendu dépendant de Zynga car ils comptent bien sur leur commission de 30% pour remplir leurs caisses. Rappelez-vous que dans l’absolu, Facebook n’est qu’un intermédiaire. Et l’intermédiaire est celui qui est dans la position la plus fragile, même avec 400 millions (ou 1 milliards) d’utilisateurs.

Il y a toutes les chances pour que la séparation ai lieue, mais dans un contexte plus serein : DST, l’investisseur commun des deux sociétés, saura calmer le jeu. Mais il ne calmera certainement pas l’inquiétude des éditeurs de plus petite taille qui seront toujours tributaires du bon vouloir de Facebook et de ses changements réguliers de conditions générales d’utilisation. Donc dans cette histoire, c’est tout l’écosystème de Facebook qui pourrait être déstabilisé.

C’est donc un sacré challenge que Zynga doit relevé, mais pas le dernier car ils devront également mener bataille sur le terrain des mobiles avec un autre acteur de taille (et pas moins féroce) : Apple. Affaire à suivre…

MàJ (19/05/2010) : Visiblement les choses se sont calmées car les deux sociétés viennent d’annoncer un partenariat renouvelé qui garantie (vérouille ?) la présence des jeux de Zynga sur Facebook pour les 5 prochaines années (Facebook and Zynga Enter Into Long-Term Relationship). Difficile de dire quels sont les termes exacts de ce partenariat. Certaines “sources internes” prétendent que Facebook est resté inflexible sur le montant de sa commission pour les Facebook Credits (30%), j’imagine que Zynga a du négocier le droit de continuer à utiliser des moyens de paiement alternatifs (dont sa propre monnaie).

Toujours est-il que cette annonce nous prouve que Facebook sait faire pression sur les éditeurs (Zynga’s Losing Streak Continues) et qu’il n’est pas prêt à rogner sur sa marge.

200 millions d’utilisateurs pour Dungeon Fighter Online ?

Le (petit) monde des observateurs des MMO est en ébullition depuis l’annonce récente par Nexon des dernières statistiques concernant Dungeon Fighter Online : Dungeon Fighter Online hits 197,000,000 registered players. Oui vous avez bien lu : 200 millions d’utilisateurs rien qu’en Asie, c’est 10 fois plus de WoW, 4 fois plus que LinkedIn et moitié moins que Facebook ! Et c’est bien là le problème : Ces chiffres sont contestés par la communauté qui y voit une tentative de Nexon d’intimider les éditeurs US et européens.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, Dungeon Fighter Online est un jeux en ligne de type Beat’em up édité par le géant sud-coréen Nexon (lire la fiche de Wikipedia) :

L'écran de jeu de Dungeon Fighter Online

L'écran de jeu de Dungeon Fighter Online

Les graphismes sont plutôt sommaires et le gameplay est assez proche des jeux 8-bits comme Golden Axe ou Double Dragon. Il y a cependant deux choses importantes à noter : Ce jeu se joue avec une manette que l’on branche sur le port USB et il est gratuit (ou plutôt en free-to-play comme tous les jeux du catalogue Nexon).

Les niveaux sont variés, les classes bien dosées et le système d’inventaire est parfaitement aligné avec le modèle économique de Nexon (vente de cartes pré-payées) :

Le système d'inventaire de Dungeon Fighter Online

Le système d'inventaire de Dungeon Fighter Online

En fouillant un peu dans les déclarations de Nexon, on se rend vite compte que les 200 millions annoncés sont en fait le cumul des comptes créés. Le chiffre qui me semble le plus représentatif est celui du nombre de joueurs concurrents (2 millions en Chine). Par extrapolation, nous pouvons donc considérer que ce jeu doit totaliser dans les 5 millions d’utilisateurs actifs.

Ceci étant dit, le succès de ce titre est tout de même colossale, d’autant plus si l’on considère l’audience des autres jeux disponibles au catalogue de Nexon (plus de 200 M pour Kart Rider, 150 M pou Audition et 100 M pour Mapple Story – cf. 200+ Million Subscribers? Not a Dream for Dungeon Fighter Online).

De ce point de vue Nexon est assurément le poids lourd incontestable des MMOs asiatiques (aux côtés de Ijji,NCSoft, NDoors …) et semble parfaitement maitriser les ficelles d’un bon gameplay (cf. Interview With Dungeon Fighter Online Associate Producer Luis Reyes). En France ces acteurs ne font que des timides apparitions, par contre nous avons des exemples similaires de “fermes de jeux” comme ceux proposés par gPotato et GamesFirst. Pour le moment pas de quoi affoler les annonceurs, mais quand le marché du free-to-play atteindra la même taille critique qu’en Asie, ces acteurs-là concentrerons une audience considérable et surtout bénéficieront d’un savoir-faire et de leviers très puissants pour éloigner la concurrence “locale”.

Très longtemps boudés par les annonceurs, les jeux en ligne vont progressivement devenir un media de masse au même titre que la TV ou le web et les marques souhaitant toucher les jeunes devront passer par ce type de média pour retrouver une certaine proximité. Vous pourriez me dire qu’il y a d’autres éditeurs de référence comme Zynga (qui totalise 80 millions de joueurs pour FarmVille) mais ce n’est pas la même cible.

Vous pourriez aussi me dire que le marché du jeu est saturé (jeux sur PC et sur consoles) mais je vous répondrais que nous parlons ici de jeux en ligne gratuits. Comme il faut un ordinateur pour y jouer cela pourrait être un facteur limitant mais de toute façon l’outil informatique est devenu un pré-requis pour l’éducation. Le prix n’est également plus un problème avec les netbooks qui sont de mieux en mieux équipés (cartes graphiques, processeurs) et qui pourraient tout à fait grignoter des parts de marché aux consoles de jeux traditionnelles. Il suffirait pour cela de subventionner une machine (partenariat avec un constructeur) ou de subventionner la manette de jeux. C’est d’ailleurs ce que fait Sega en Angleterre avec son offre premium sur PlaySega.

Moralité : Nous avons tout à apprendre des acteurs sud-coréens du free-to-play qui ont toutes les cartes en main pour faire des jeux en ligne un nouveau média de masse. Non il ne sera pas possible de vendre des assurances au travers de ce média, mais pourquoi pas de faire la promotion de films, musiques ou sneakers ?

Usages stables et croissance économique pour Second Life

Linden Lab vient de publier les statistiques de Second Life pour le premier trismestre 2010 (Second Life Economy Hits New All-Time High in Q1 2010) et elles sont excellentes :

  • 826.000 utilisateurs actifs dont 517.000 réalisent des transactions (en augmentation de 13%) ;
  • L’équivalent de 160 M de $ d’échanges entre résidents (augmentation de 30% par rapport à l’année dernière) ;
  • L’équivalent de 31 M de $ d’échanges sur le LindeX (la place de marché monétaire de SL).

Ces statistiques sont détaillées ici : Linden Lab hands down Second Life metrics for Q1 2010. Les deux données qui m’intéressent le plus sont l’évolution de l’audience et des transactions entre résidents :

Evolution du nombre d'utilisateurs réguliers de Second Life

Evolution du nombre d'utilisateurs réguliers de Second Life

Evolution des transactions entre résidents de Second Life

Evolution des transactions entre résidents de Second Life

Ces chiffres illustrent la très bonne santé de l’univers virtuel dont les récents efforts semblent payer : Nouveau player, nouvelles Linden Homes pour les abonnés premium, infrastructure technique plus performante… D’autres facteurs peuvent également expliquer ces résultats : un regain d’intérêt pour les avatars avec la sortie du film éponyme, la Saint-Valentin qui occasionne un pic de cadeaux virtuels…

Je pense qu’il serait juste de dire que Second Life a définitivement quitté la zone de turbulence dans laquelle il avait été projeté avec la tempête médiatique de 2007. Les efforts colossaux de rationalisation et l’arrivée d’un nouveau CEO ont permit de stabiliser l’univers et son écosystème. Second Life est maintenant LA plateforme virtuelle de référence. Entendons-nous bien : Les chiffres d’audience et les transactions n’ont pas grand chose à voir avec d’autres plateformes de MMO asiatiques, mais Second Life est maintenant le leader incontestable sur son créneau : Un univers virtuel stable et versatile pour la création artistique, l’éducation, la collaboration et surtout d’innombrables expérimentations.

BarbieGirls, univers virtuel leader en France sur les 7-10 ans

Kzero vient de publier une série de classements de popularité des univers virtuels en Europe pour la tranche des 7-10 ans : Virtual world popularity in France. Les données sont extraites d’une étude menée par Dubit sur un échantillon de 1.500 personnes :

Classement des univers virtuels pour les 7-10 ans en France

Classement des univers virtuels pour les 7-10 ans en France

Plusieurs enseignements intéressants :

  • C’est BarbieGirls qui est en tête du classement avec Dofus , Club Penguin et Miss Bimbo juste derrière ;
  • Habbo est étonnamment en retrait par rapport aux autres ;
  • L’audience cumulée de trois jeux hébergés sur Facebook (Farmville, Café World, Mafia Wars) est supérieure à celle de BarbieGirls ;
  • World of Warcraft fait des émules même chez les moins de 10 ans.

Rien de surprenant à ce que Barbie Girls soit un succès dans la mesure où le levier de marque est là pour tirer les inscriptions vers le haut, mais la domination sur ce segment est sans équivoque. Une aubaine pour Mattel qui peut écouler ses produits dérivés et rentabiliser sa plateforme grâce aux “B-Bucks” (la monnaie virtuelle) et à la galerie d’objets virtuels.

L'univers virtuel de Barbie Girls

L'univers virtuel de Barbie Girls

Au niveau européen nous retrouvons une configuration sensiblement égale mais où les “particularités locales” (Dofus) sont diluées dans la masse :

Popularité des univers virtuels en Europe

Popularité des univers virtuels en Europe

Club Penguin, Barbie Girl et Habbo sont en tête mais nous voyons aussi apparaitre un univers dont je n’ai encore jamais parlé : Go Supermodel (un clone danois de Stardoll présent dans tout le nord de l’Europe ainsi qu’au Royaume Unis et aux Etats-Unis).

Voilà des statistiques fort intéressantes dont j’aimerais en voir plus souvent, et surtout pour les autres tranches d’âge !

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