Second Life toujours en pleine forme

Linden Lab vient de publier une série de chiffres très impressionnants sur la vitalité de l’écosystème autour de Second Life : 1 Billion Hours, 1 Billion Dollars Served: Second Life Celebrates Major Milestones for Virtual Worlds.

Jugez vous-même :

  • Les résidents ont passé un total de plus d’1 milliards d’heures dans Second Life (une croissance annuelle de 33% avec une moyenne de 100 minutes par visite) ;
  • L’équivalent d’1 milliard de dollars a été échangé entre (une croissance annuelle de 94% avec en moyenne un volume d’échanges mensuel de 50 millions de $) ;
  • Il y a 250.000 objets virtuels créés chaque jour (pour un total de 270 Tb de données) ;
  • Plus de 18 milliards de minutes de VoIP (croissance annuelle de 44%) ;
  • 1.250 messages textuels sont envoyés chaque seconde (pour un total de 600 millions de mots par jour) ;
  • Un univers qui a augmenté de 75% en surface depuis le début d’année 2008.

Voilà de quoi clouer le bec à tous ceux qui pensent que Second Life n’a pas survécu à la bulle médiatique de 2007.

J’aurais la chance de rencontrer la semaine prochaine le staff au grand complet de Linden Lab (Mark Kingdon le CEO, Judy Wade la VP Strategy et Catherine Smith la directrice marketing) qui nous exposerons leur stratégie de développement et la roadmap d’évolution.

LindenLab_Staff

Compte-rendu à suivre…

Une nouvelle phase de croissance pour les univers virtuels et le v-business

Alors que la Fevad vient de publier de très beaux chiffres sur la croissance du e-commerce et que des nouveaux entrants comme Zynga dégagent des bénéfices record, le débat sur la viabilité des univers virtuels est de nouveau dans l’air. Il faut dire que l’ascension fulgurante de Second Life et l’éclatement de la bulle virtuelle a marqué les esprits. Oui mais voilà, il ne fat pas jeter le bébé avec l’eau du bain car les investissements et opportunités pour les marques autour du v-business n’ont jamais été aussi élevés. Et ceci pour deux raisons toutes simples : un contexte favorable et une faible concurrence. Contexte favorable car il existe une très vaste diversité d’univers (de supports) qui ciblent une population très large. Faible concurrence car les annonceurs de la première heure se sont retirés pour aller tenter leur chance du côté des médias sociaux.

Je rejoins donc l’avis de Kzero qui prédit une nouvelle vague de croissance, ou du moins une croissance continu pour les univers virtuels : Growth forecasts for the Virtual Worlds sector.

kzero-number-of-virtual-worlds

Ce sont ainsi près de 300 univers qui seront en production l’année prochaine et presque 900 d’ici 3 ans. Utopie ? Non pas réellement car nous parlons ici de la grande famille des univers virtuels, celle qui inclut également les mondes miroirs, les univers en 2D centré sur le jeu ainsi que les très nombreux MMO qui vont voir le jour.

Pourquoi mettre dans le même panier univers virtuels et MMO ? Tout simplement parce que ce sont deux supports pareillement viables pour une marque et parce que les possibilités de micro-transactions et de v-business sont tout aussi réel dans les deux cas.

Et puisque l’on parle de v-business, Kzero prévoit également une croissance soutenue des revenus :

kzero-virtual-world-revenues

Encore une fois ces projections ne sont pas délirantes dans la mesure où elle est corrélée avec le nombre d’univers et la maturation des modèles économiques.

Certains voient même dans les univers virtuels HD comme Blue Mars une opportunité pour ressusciter des expérimentations menées sur Second Life : Blue Mars: An Opportunity to Grow Your Second Life Business.

En tout cas, je reste persuadé qu’outre les mondes miroirs et univers virtuels ultra-réalistes, de nombreuses opportunités sont à saisir dans les univers plus “créatifs”. Surtout si ces derniers sont associés à des franchises prestigieuses. Dernier exemple en date, cet univers en construction sur le thème d’Alice au pays des merveilles (Wonderland MMO) : Alice in Wonderland Virtual World Upcoming.

Le futur univers virtuel sur Alice au pays des merveilles

Le futur univers virtuel sur Alice au pays des merveilles

Toute la difficulté pour une direction marketing / communication est d’accepter l’idée de créer un avatar de marque qui soit dans l’esprit de l’univers ciblé.

Poptropica et Faunasphere à l’assaut des tweens

À chaque âge son offre, c’est ce que doivent se répéter les éditeurs lorsque l’on regarde la minutie avec laquelle les différents univers sont échelonnés en fonction de l’âge de leur cible : Webkinz, Club Penguin , DinoKids & cie pour les moins de 10 ans, Neopets et Barbie Girls pour les teens… Entre ces deux âges se trouve un créneau intermédiaire pour les tweens, des 10-12 ans qui sont suffisamment grands pour demander de l’argent à leurs parents mais pas assez pour gérer eux-mêmes un “budget” fixe (du moins c’est la théorie). Voilà pourquoi ce créneau présente un potentiel tout à fait intéressant.

Sur ce créneau là, il y a un acteur incontournable : Poptropica. Il ne s’agit pas réellement d’un univers virtuel mais plutôt d’un jeu en ligne avec des fonctionnalités sociales (cf. la fiche sur Wikipedia). Lancé en 2007, cet univers met en scène des personnages évoluant dans différentes iles pour y accomplir des quêtes. Tout se joue à la souris et le gameplay est très proche des jeux de plateformes en 2D :

L'univers de Poptropica

L'univers de Poptropica

En complétant des tâches et quêtes, les joueurs accumulent de l’expérience, des objets et des cartes permettant d’acquérir des capacités spéciales. Chaque joueur possède un profil où il est possible de voir son avancement et les objets qu’il a collectés :

La fiche de mon personnage dans Poptropica

La fiche de mon personnage dans Poptropica

Les interactions avec les autres joueurs se font au sein de pièces privées dont il faut posséder le code pour rentrer (pour des raisons de sécurité). La valeur ajoutée de cet univers ne réside donc pas dans ces interactions amis plutôt dans la capacité de l’éditeur à fidéliser les joueurs avec de nouvelles iles, quêtes et mini-jeux (cf. le blog officiel).

Depuis cette année une boutique a ouvert ses portes pour pouvoir acheter des crédits et changer le look de votre personnage :

La boutique de Poptropica

La boutique de Poptropica

Vous l’aurez compris, la philosophie de cet univers est de proposer un environnement ludique et sécurisé : Poptropica – A Free Flash Game That’s Fun For The Whole Family. Ne vous y trompez pas, Poptropica est un authentique succès avec plus de 75 millions de membres et 13 millions de V.U. par mois (Big Nate Draws Draws Big Numbers In Poptropica). Cela représente un beau potentiel de revenue pour celui qui sait l’exploiter, car l’univers est encore vierge de tout annonceur, certaines iles sont co-développées mais ça s’arrête là.

Récemment Big Fish Games a décidé de s’attaquer à ce créneau avec Faunasphere, un univers ciblant également les tweens :

La page d'accueil de Faunasphere

La page d'accueil de Faunasphere

Dans cet univers, les joueurs incarne des petits animaux étranges (les “Caretaker“) qui sont investis d’une mission à caractère écologique : nettoyer les différentes iles de l’univers et participer à son repeuplement en collectant des morceaux d’ADN pour faire revivre des espèces éteintes. Les joueurs évoluent donc dans un environnement en 3D isométrique assez bien fait :

L'univers de Faunasphere

L'univers de Faunasphere

Pour compléter les quêtes il faut de l’énergie et surtout un grand nombre d’ingrédients afin d’entretenir la faune. Vous pouvez donc échanger ou acheter ces ingrédients dans les nombreuses marketplace :

La marketplace de Faunasphere

La marketplace de Faunasphere

Vous vous doutez bien qu’il n’est possible d’accomplir qu’un nombre de tâches limités avant que les animaux se fatiguent et que vous serez toujours en manque d’un ou deux ingrédients. Voilà pourquoi il est possible d’acheter des crédits afin de progresser plus vite et d’acquérir de nouvelles compétences.

On croise de nombreux autres joueurs dans les différentes iles et il est également possible de les inviter dans votre ile personnalisable :

Mon île perso dans Faunasphere

Mon île perso dans Faunasphere

Au final Faunasphere se révèle pour le moment assez limité car le gameplay se résume à une course permanente pour trouver tel ou tel ingrédient : Faunasphere: A Casual MMO from Big Fish Games. Mais dans la mesure où Big Fish dispose une très grande expérience du jeu en ligne et des mécaniques casual, cet univers devrait progressivement s’enrichir et évoluer vers un dispositif plus complet, capable notamment de tirer partie des autres jeux en ligne disponibles au catalogue.

Encore une fois, l’essentiel des revenues de cet univers proviennent de la vente de crédits, pas d’annonceurs pour le moment et c’est bien dommage car ces différentes faunasphere seraient un terrain d’expression idéal pour de la communication corporate orientée développement durable.

Vers des univers virtuels HD ?

Avec le lancement récent de deux univers virtuels exploitant le moteur graphique CryEngine 2 (Planet Calypso et Blue Mars dont nous parlons plus bas) ne serions-nous pas en train d’assister à l’avènement des univers en HD ? C’est en tout cas la question que l’on est en droit de se poser au vue de ce que nous réserve cette fin d’année et surtout l’année prochaine.

Le mois dernier nous avons ainsi pu assister à la transformation d’Entropia Universe en Planet Calypso. Un environnement remanié et quelques évolutions dans le gameplay sont ainsi visibles dans cette courte mais instructive visite guidée :

C’est également cette semaine que la beta de Blue Mars a été ouverte : Mes premiers pas sur Blue Mars.

Le moteur graphique très impressionant de Blue Mars

Le moteur graphique très impressionnant de Blue Mars

Le moteur graphique semble beaucoup impressionner les nouveaux visiteurs, de même que l’interface minimaliste :

L'interface minimaliste de Blue Mars

L'interface minimaliste de Blue Mars

Pour en savoir plus je vous propose cette petite visite guidée :

Mais ce n’est pas tout, car outre ces deux univers il y a également un certain nombre de jeux massivement multijoueurs (MMO) en préparation qui exploitent également ce fameux moteur graphique, à commencer par Aion et son univers fantasy (Review: Aion Beta, Hands on with the Aion beta: Your first steps into Elysea) :

La création de personnages dans Aion

La création de personnages dans Aion

Il y a aussi Fallen Earth et son ambiance apocalyptique (First Impressions: Fallen Earth) :

Ambiance apocalyptique dans Fallen Earth

Ambiance apocalyptique dans Fallen Earth

Et il y a enfin les très spectaculaire All Points Bulletin et ses incroyables possibilités de customisation des avatars (A look at APB’s extensive character customization) :

Le très attendu APB

Le très attendu APB

Démonstration vidéo ici :

Quelles opportunités pour les annonceurs ?

Pourquoi une telle débauche de puissance dans les moteurs graphiques ? Pour aider les résidents à mieux s’immerger dans l’univers, à mieux s’approprier leur avatar et surtout à augmenter la valeur perçue des biens virtuels. Et oui, car c’est bien de cela dont il est question : générer des revenus complémentaires grâce à la vente ou la taxation sur les ventes d’objets virtuels (fringues, tatouages, armes…).

Autant pour des univers fantasy comme Aion il est délicat de faire du placement de produits, autant dans Fallen Earth ou APB c’est beaucoup plus simple. Et je ne vous parle même pas de Blue Mars ou Home qui sont des véritables showrooms déguisés en univers virtuels.

Bref, dans cette histoire je suis persuadé que tout le monde sera gagnant : les joueurs ont des univers aux graphisme plus sophistiqués, les éditeurs génèrent plus de revenus, les marques peuvent mieux retranscrire l’expérience de possession / utilisation de leurs produits, les fabricants d’ordinateurs produisent des machines toujours plus puissantes… Alors… elle n’est pas belle la vie (virtuelle) ?