Lancé en 2003, Second Life – l’univers virtuel de Linden Lab, a bénéficier d’une très large couverture médiatique dans les années 2006 / 2007. Cette couverture, généralement mal expliquée et largement survendu par les grands médias n’a pas forcément fait du bien à cet univers virtuel encore en perfectionnement à l’époque (montée en charge…). Depuis, la ferveur médiatique est tombée et les annonceurs se sont fait plus rares.
Plutôt que de désintérêt généralisé je parlerais plutôt de “retour à la normal” de l’attention, car au final Second Life reste une communauté d’à peine 15 millions des passionnés dans le monde avec une prise en main et un fonctionnement encore opaque pour le grand public. Il en résulte un subit regain d’intérêt par certains blogs qui interprète cette actualité très calme du côté des annonceurs et opérations événementielles comme une fin imminente : The End of Second Life. Grossière erreur car Second Life n’est pas un univers virtuel comme les autres, c’est un univers unique en son genre qui a été pionnier (notamment pour les contenus créés par la communauté) et qui a su nous démontrer sa capacité d’évolution et son savoir-faire technologique (là où d’autres comme Google ont échoués). Je ne me lancerais pas dans une nouvelle argumentation sur ce sujet, car ce n’est pas le propos de ce billet, et je vous renvois plutôt à ce précédent billet : Grandeur, décadence, résurrection, sublimation et transformation de Second Life.
Moins d’annonceurs = moins de pression médiatique
Toujours est-il que même si le départ de certains annonceurs-clés (comme Reuters ou Wired) peut refroidir les autres, un univers virtuel doit-il être jugé au nombre d’annonceurs actifs ? Non certainement pas car réduire les usages des univers virtuels aux seules applications commerciales est une grossière erreur. Il existe d’innombrables aux domaines d’applications notamment dans la collaboration ou l’éducation (lire à ce sujet ce très article : Reuters Closes Second Life Bureau, but (Virtual) Life Goes On).
En fait ce n’est pas la première fois que l’on prédit la mort de Second Life (moi le premier) : Second Life’s hype is dead (again). Mais n’oublions pas qu’un produit ou un service est soumis à la loi du marché qui le fait passer par différentes phases résumées dans ce schéma :

Le cycle de médiatisation de Second Life
Second Life est donc effectivement au creux de la vague (médiatique) et en profite pour nettoyer et optimiser sa plateforme sans trop faire de vagues. Nous avons donc vu disparaitre au fil de ces derniers mois les vendeurs de sexe, casinos virtuels et autres arnaques pour laisser la place à des initiatives et des projets beaucoup plus sérieux.
Une destination de choix pour la collaboration, l’éducation et la culture
Second Life est maintenant devenu un réel outil de collaboration avec de nombreuses offres de virtual meeting, de virtual workspace et autres serious games au travers de son offre Second Life Grid.
Second Life est également devenu un gigantesque terrain d’expérimentation pour le monde de l’éducation (les plus grandes universités y sont) avec des projets d’envergure (cf. Second Life in Education et Using Virtual Worlds in Education Programs) et de nombreuses initiatives pédagogiques (sur l’environnement…).
Second Life est enfin un lieu de rencontre pour de nombreux artistes et événements culturels. Outre de nombreux musées virtuels et manifestations éphémères, il existe d’inombrables îles répliquant des lieux culturels de notre planète, la liste est longue mais vous pouvez trouver les dernières ici : Second Life Showcase for Art & Culture ou consulter régulièrement les blogs de Daneel Ariantho et Wangxiang Tuxing.
Un univers en constante amélioration
Parallèlement à ce travail de “nettoyage”, Linden Lab poursuit tranquillement (mais sûrement) son chantier d’amélioration avec un logiciel client en perpétuel évolution (plus stable, plus puissant), une intégration verticale pour diversifier ses sources de revenus et une communication plus transparente avec le lancement de nombreux blogs de niche : Linden Lab launches a bunch of blogs. De plus, les travaux d’interopérabilité entre les différentes grilles ouvrent d’innombrables possibilités (lire à ce sujet Hypergrid expansion).
Second Life n’est pas mort, bien au contraire : La communauté n’a jamais été aussi impliquée et les utilisateurs nombreux. À la question de savoir s’il faut encore communiquer dans Second Life je répondrais qu’il faut communiquer différemment car l’univers a beaucoup changé depuis les années folles : les résidents sont des utilisateurs avertis qui risquent de ne pas répondre aux sollicitations pour une nième campagne de buzz, par contre ils seront beaucoup plus réceptif à une démarche de co-création ou à des initiatives étiques ou responsables.
Bref, après avoir subit le contre-coup de la crise médiatique (appelons un chat un chat), Second Life a maintenant toutes les cartes en main pour réellement donner tout son potentiel, à vous d’en profiter !