Le nouveau viewer de Second Life est enfin là

Après un certain nombre de mois (d’années ?) de teasing, le nouveau viewer de Second Life est enfin là : Second Life Viewer 2 Beta, Now Available. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai installé et testé cette nouvelle mouture :

SL2

Le V.2 du viewer de Second Life

La grosse nouveauté de ce viewer concerne avant tout l’interface qui est maintenant divisé en 3 parties : Le haut de l’écran façon navigateur web avec la barre d’adresse, les flèches et le champ de recherche (comme annoncé l’année dernière), La barre latérale (nous y reviendrons) et le bas d’écran avec la fenêtre de tchat et les boutons pour parler, bouger… Pour une découverte en profondeur je vous propose la visite guidée officielle :

L’introduction de la barre d’adresse (qui repose sur les SLURL) est un premier gros changement et apporte beaucoup de praticité. Mais ce qui améliore encore plus l’expérience (surtout pour les novices) c’est la barre latérale qui donne accès à un certain nombre de fonctionnalités : L’écran d’accueil, la gestion de votre profile, de vos contacts, de vos groupes, de vos landmarks, de votre inventaire et de votre apparence.

De même, les boutons de bas d’écran sont bien pratiques pour accéder rapidement à l’historique de tchat, aux vues prédéfinies ou à la messagerie :

Les options de la nouvelle interface de Second Life

Les options de la nouvelle interface de Second Life

Mais la liste des nouveautés ne s’arrête pas là et de nombreuses améliorations ont été apportées :

  • Intégration facilitée de contenus HTML et Flash,
  • Nouveau système de déplacement ;
  • Synchronisation des lièvres avec la parole par défaut ;
  • Abandon du menu contextuel radial au profit d’un menu plus traditionnel…

Les changements sont au final plus nombreux que ceux que l’on constate au premier abord mais cette nouvelle version est très bien accueillie par la communauté : 21 Reasons the New Second Life Viewer 2.0 is a Huge Improvement. Je pense ne pas dire de bêtise en résumant ces nouveautés comme un grand geste pour faciliter la prise en main par les débutants (ou pseudo-débutants qui pourraient redécouvrir l’univers). Bref, cette seconde version du viewer est l’occasion de donner une seconde jeunesse à Second Life. Je précise qu’i n’y a pas d’ironie dans mon propos : L’univers n’a jamais cessé de progresser (aussi bien sur les plans techniques que fonctionnel et contenus) mais il fallait bien une seconde version pour faire table rase du passé et de la mauvaise presse que traîne SL depuis… depuis quand déjà ?

Nouveau site web, nouveau viewer, nouvelles ambitions… il semblerait que Linden Lab ai atteint une vitesse de croisière tout à fait confortable pour pérenniser sa plateforme et la faire progresser à un rythme viable. Je me réjouis par avance des nouvelles opportunités que ce renouveau va ouvrir dans des domaines comme la collaboration, l’éducation, l’expression culturelle… Pour fêter ça je paierais bien une nouvelle coupe de cheveu à mon avatar !

Et pour les utilisateurs de Mac, je ne saurais que trop vous conseiller ce tutorial pour profiter au mieux du nouveau viewer : SL 2.0 Beta still running too slowly on your Mac? No worries!.

Une nouvelle approche du social MMO avec Glitch ?

Connaissez-vous Stewart Butterfield ? C’est l’un des co-fondateurs de FlickR, le célèbre service de partage de photo. Saviez-vous qu’avant de devenir le service que nous connaissons FlickR était un jeu en ligne massivement multijoueur (Game Neverending) ? Le projet a rapidement été recentré en 2004 sur une activité plus viable (la partage de photo en mode freemium) mais certains de ces fondateurs n’ont pas perdu de vue leur projet d’origine. Celui-ci semble réactivé sous le nom de Glitch, un social MMO encore en phase de finalisation qui devrait sortir à la fin de l’année : What The Wii Did For Console Gaming, Glitch Wants To Do For MMOs. And It Just Might.

glitch_logo

Nous sommes donc en présence d’un jeu en ligne massivement multijoueur avec une forte dimension sociale. Jusque là rien de révolutionnaire, mais l’ambition affichée par l’équipe et leur savoir-faire en matière de plateforme sociale me font dire que ce projet est à surveiller de très près.

Le jeu est un grand voyage dans le passé pour re-découvrir le monde tel qu’il était à son origine, c’est à dire imaginé par 11 géants. Le gameplay est donc décomposé en 11 tableaux avec des signatures graphiques très différentes mais un but unique : Résoudre des énigmes et compléter des puzzles.

L'univers graphique de Glitch

Discussion entre deux joueurs dans Glitch

La collaboration sera une absolue nécessité pour progresser dans le jeu : Les joueurs devront ainsi apprendre à localiser et exploiter des matières premières et ressources, acquérir et perfectionner de nouvelles compétences et s’unir à d’autres joueurs au sein de communautés pour réussir les quêtes les plus ambitieuses.

Le système de compétences sera particulièrement sophistiqué avec un arbre à la Civilization pour une progression aléatoire et forcer les échanges entre joueurs (associations mutuellement profitables). Certains observateurs ont déjà comparer ce Glitch à un Sim 2.0 à la sauce sociale : Watching the birth of Flickr co-founder’s gaming start-up.

Sans être d’une finesse bluffante, l’univers graphique de glitch est particulièrement original avec des tableaux riches en couleurs :

L'univers graphique de Glitch

L'univers graphique de Glitch

Concernant le modèle économique, tout sera envisagé avec des abonnements premium, de la vente d’objets virtuels et de mini-jeux, des versions Xbox, Wii, iPhone Android… (cf. Glitch: Flickr’s Stewart Butterfield Explains His Ambitious Online Game). L’éditeur affiche donc une forte volonté de diversifier les revenus et de ne négliger aucune piste.

La sophistication du jeu se fera par étape mais il est déjà question de mondes sous-marins, de gouvernements locaux avec un système d’élection, de terrains et propriétés à louer, de taxes et d’impôts locaux… Bref, les possibilités semblent très vaste et l”éditeur compte bien sur la communauté pour l’aider à explorer les pistes les plus variées. Tout ceci n’est pas sans me rappeler MetaPlace qui affichait une ambition similaire.

Pour le moment les accès à la version alpha sont distribués au compte-goutte mais je suis sur les starting-blocks pour une découverte plus en profondeur.

Ne parlons plus d’objets virtuels mais d’objets numériques

Je rebondis tardivement sur un excellent article publié par +8* sur le v-business : Is Virtual Real?. L’auteur remet ainsi les pendules à l’heure sur le caractère virtuel des biens ou services que l’on peut acquérir dans un jeu ou un univers virtuel : Une arme dans WoW ou une fringue dans Second Life n’est pas plus virtuelle qu’une sonnerie ou un fond d’écran pour téléphone portable. Il est vrai que l’opinion publique s’insurge des dépenses pour des objets virtuels (qui ne représentent soi-disant rien) mais tolère les vendeurs de fonds d’écrans semi-pornographiques qui s’affichent dans la presse grand public. Pourtant au final il ne s’agit que de 0 et de 1.

L’auteur fait ainsi remarqué que les biens virtuels sont en fait des biens numériques au même titre qu’une chanson achetée sur iTunes ou un film acheté en pay-per-view. En poussant la réflexion un peu plus loin, nous pourrions dire que les biens virtuels remplissent la même fonction que certaines prestations comme le restaurant ou les vacances : ils permettent de passer un bon moment mais ne laisse aucune trace physique (que des souvenirs).

Ce point de vue est radical mais on ne peut plus vrai. autre exemple utilisé fort justement par l’auteur : Quand vous achetez un CD ou un DVD, vous possédez un support physique mais pas forcément le droit de libre utilisation de son contenu qui est limité à un usage personnel (impossible de faire une projection dans un lieu publique). Et vlan !

Cette réflexion tombe à point car les chiffres du v-business n’ont jamais été aussi bons : Ils sont évalués à 1,3 milliards de $ aux US pour l’année 2010 (Social Game Revenues To Hit $1.3B In 2010) et à plus de 5,6 milliards de $ en Chine ! D’autant plus qu’une très large partie de ces revenus provient de la vente d’objets virtuels : 90% Of Revenue Comes From Virtual Goods.

Et il en va de même pour la monnaie virtuelle : La valeur réelle d’un billet de banque est de quelques centimes (ce n’est qu’un bout de papier). Vous pourriez me dire que le système bancaire est là pour garantir la valeur suggestive des billets, mais je me permet de vous rappeler que dans certains univers virtuels comme dans Planet Calypso les banques ont des licences officielles et le droit de propriété est juridiquement opposable. Il en résulte des échanges économiques d’un montant record (Man spends $330,000 on virtual space station).

Par habitude (et pour ne pas perdre mon référencement naturel), je continuerais à utiliser les termes v-business et biens virtuels mais je pense que les arguments avancés dans l’articles sont très justes. Mais je suis confiant sur le fait que les mentalités vont progressivement évoluer.

City of Eternal surf sur la vague des vampires

Aviez-vous remarqué cet engouement récent pour les vampires et les thématiques qui tournent autour ? Il y a bien sûr la saga Twilight (livres et films) mais aussi la série TV (True Blood) et tous les produits dérivés que l’on peut en découler. C’est donc tout logiquement que sortent les premiers jeux en ligne et univers sur ce thème avec notamment City of Eternals, un des plus interessants. Notez qu’il existe également de nombreux autres projets comme Empire of Night, World of Darkness ou encore Darkeden.

Dans City of Eternals, vous incarnez donc un… vampire. L’intérêt de ce jeu massivement multi-joueur se situe plus dans sa configuration : entièrement dans le navigateur (donc rien à installer), très didactique (donc accessible à toutes et à tous) et avec un gros volet “social” (pas de création de compte, vous vous inscrivez avec vos comptes Facebook ou Twitter).

L’univers graphique est assez réaliste avec des décors très bien réussis en 2,5D et des avatars de bonnes tailles (certainement pour inciter les résidents à investir dans une garde robe digne de ce nom) :

L'univers de City of Eternals

L'univers de City of Eternals

Chaque joueur peut modifier l’apparence de son avatar et compléter sa fiche mais l’accent est avant tout mis sur les missions qui vous permettent de gagner de l’expérience et d’acquérir des compétences. Ces missions sont un prétexte pour vous faire parcourir les différents quartiers de New Valencia (la ville où se déroule l’action) et interagir avec les différents protagonistes. La complétion des missions n’est pas trop difficile (il existe pour cela un wiki) et la dynamique de jeu est plutôt bien faite et motivante.

Différents PNJ dans un allée sombre de New Valencia

Différents PNJ dans une allée sombre de New Valencia

L’univers est peuplé de nombreux résidents non-joueurs (avec un comportement aléatoire ou scripté) qui donnent une impression très réaliste de vie animée dans cette petite ville. Résultat : on croise toujours du monde malgré le nombre limité de joueurs pour le moment (un peu plus de 100.000 pour la beta privée).

La prise en main de l’interface et des différentes fonctions est simple et l’on se rend vite compte que l’influence de Facebook et Twitter est très forte : les lieux favorisent les rencontres et une sorte de flux d’activités est affiché en permanence sur l’écran.

Les vampires adorent les boîtes de nuit

Les vampires adorent les boîtes de nuit

Pour le moment l’éditeur (Ohai) n’a pas trop communiqué sur son modèle économique qui semble surtout centré sur la monnaie virtuelle : Ohai Launches City Of Eternals Freemium MMO. Toujours est-il que l’éditeur met le paquet pour animer sa communauté et fédérer les beta-testeurs (notamment au travers du blog Vampire’s Digest). Pour le moment les interactions avec vos profils Facebook / Twitter sont plutôt limité mais de nombreuses évolutions sont à prévoir de ce côté.

Au final nous avons donc un univers cohérent qui respecte les codes du genre. Je n’ai pas repéré de présence de marques mais il est tout à fait possible d’anticiper de nombreuses possibilités :

  • Placement de produits (vêtements, accessoires…) ;
  • Sponsorisation de lieux ou de missions ;
  • Présence de représentants de marques ou de médias (par exemple les personnages de la série True Blood) ;
  • Organisation d’évènements…

La liste est longue et ne se limitent pas que aux marques liées à l’univers des vampires : Tous les annonceurs ayant un lien avec le monde de la nuit ou des jeunes en général (la cible de Twilight) peuvent potentiellement se lancer.

Pour le moment l’univers n’est qu’en anglais (je ne pense pas que cela va changer) mais ce n’est pas trop gênant pour apprécier le jeu et progresser dans les missions. Cette version “Alpha Test” n’est pas trop bugée (juste quelques problèmes d’affichage et de scénarisation des missions) et j’anticipe une audience solide pour ce Social MMO (sous réserve de l’ajout de nouveaux contenus) réguliers.

CES 2010, les nouveautés de Microsoft, Lego, Blizzard et Build-a-Bear

L’édition 2010 du CES vient de s’achever nous apportant ainsi son lot de nouveautés et de révélations. Je vous propose donc un petit tour d’horizon des annonces.

Commençons avec Microsoft qui va prochainement lancer Game Room, un environnement virtuel (et social) pour xbox Live et jeux PC compatibles : Microsoft Announces Game Room Virtual World. Cet environnement permettra aux joueurs ayant un avatar de créer leur propre salle d’arcade, de la décorer, d’y inviter des amis et d’y rencontrer / défier d’autres joueurs. Un certain nombre de titres d’éditeurs “vintages” (Atari, Intellivision, Konami…) seront disponibles : Asteroids, Centipede, Outlaw…

Les Virtual Game Rooms de Microsoft

Les Virtual Game Rooms de Microsoft

Le modèle économique proposé est intéressant car les joueurs pourront faire l’acquisition de licences avec des Microsoft Points (entre 2 et 5 $). Posséder une licence signifie pouvoir jouer indéfiniment à un jeu et inviter vos amis. Mais rassurez-vous, il sera aussi possible de jouer à l’acte (près de 1.000 titres “classiques” seront disponibles d’ici les 3 prochaines années pour l’équivalent de 0,5$ les 3 parties). Plus d’infos ici : Xbox Game Room pricing, partners detailed. Un trailer est déjà disponible :

Continuons avec le très attendu Lego Universe qui se dévoile un peu plus : LEGO Universe unveils trailer.

Des images de Lego Universe

Premières images de Lego Universe

Visiblement la manipulation des briques sera au coeur de l’expérience de jeu : Que se soit pour les combats ou pour la création d’objets ou d’environnements. Illustration avec ce tout nouveau trailer :

Pas d’images ou de communiqués officiels, mais des rumeurs circulent sur le nouveau jeu massivement multijoueurs de Blizzard censé remplacer World of Warcraft : Blizzard travaille sur un MMOFPS. Ce nouveau MMO se présenterait sous la forme d’un univers à deux facettes : une première très casual orientée sociabilisation (façon Sims) et une autre tournée vers l’action avec un gameplay proche des FPS.

Le CES a aussi été l’occasion d’allocutions publiques comme celle de Dave Finnegan venu présenter les premiers résultats de Build-a-Bearville, l’univers virtuel dérivé de la chaine de boutiques Build-a-Bear : Build-A-Bear Touts Success at CES.

L'univers de Build-a-Bearville

L'univers de Build-a-Bearville

Pour ceux qui ne connaissent pas, les Build-a-Bear Workshops sont des boutiques où les enfants peuvent fabriquer eux-même leur ours en peluche. Chaque peluche achetée en magasin dispose d’un double virtuel dans Build-a-Bearville où il est possible des les “élever”. Après presque un an, les premiers résultats sont très encourageants puisque près de 50%  des peluches achetées sont référencées dans l’univers. La complémentarité hors et en-ligne semble donc fonctionner à merveille pour cette nouvelle génération de joueurs / résidents.

Twinity, le monde miroir à l’assaut des grandes capitales

Voilà un petit bout de temps que je veux rédiger un article sur Twinity, au vue de l’actualité récente il est temps de passer à l’action. Twinity est donc un univers virtuel lancé en septembre 2008 par la société allemande Metaversum. Il se positionne dans la catégorie des mondes miroirs, ceux qui cherchent à reproduire fidèlement la réalité tout en y intégrant de petites touches de virtualité pour rajouter du piquant (sinon ça s’appelle Google Earth).

twinity-logo

L’univers est accessible à l’aide d’un viewer disponible en beta pour PC (pas de version Mac pour le moment). Graphiquement ça ressemble à Second Life (la comparaison est inévitable mais nous y reviendront plus tard), la prise en main est plutôt simple mais l’univers souffre d’un relative pauvreté : Twinity : le monde virtuel allemand s’ouvre au monde.

L'univers graphique de Twinity

L'univers graphique de Twinity

La principale particularité de Twinity est de proposer une approche communautaire localisée : Vous devez donc choisir une capitale lors de la création de votre compte (pour le moment Berlin, Londres ou Singapour).

Voyage virtuel à Londres avec Twinity

Voyage virtuel à Londres avec Twinity

Ce choix va donc conditionner votre expérience en fonction des lieux que vous visitez et des personnes (les avatars) que vous croisez.

Balade virtuelle à Trafalgar Square dans Twinity

Balade virtuelle à Trafalgar Square dans Twinity

Plus intéressant, cette dichotomie géographique peut vous permettre de rassembler des communautés éparpillées dans le monde mais également potentiellement dans le temps (en vous donnant accès à des périodes particulières de l’histoire) ou dans les centres d’intérêt (en recréant des univers axés sur une activité en particulier).

Berlin d'ajoud'hui (et d'hier ?) dans Twinity

Berlin d'aujourd'hui (et d'hier ?) dans Twinity

Du point de vue des annonceurs cette répartition est également très intéressante car elle permet d’expérimenter des magasins virtuels dans un environnement réaliste pour tester l’appétence des résidents : Twinity’s virtual London opens for business.

Mais ce qui fait la force de Twinity fait aussi sa faiblesse : Le recrutement de nouveaux résidents est fortement conditionné par la capacité de l’éditeur à “ouvrir” de nouvelles capitales. Même si l’éditeur a reçu du financement (Twinity scoops a further €4.5m to develop 3D cities) sa croissance risque d’être plus longue que celle d’univers plus génériques.

Concernant la concurrence avec Second Life, d’après ce que j’ai pu lire à droite à gauche, Twinity est plus simple que SL, donc plus limité (cf. Twinity Beta versus Second Life). Cet univers est donc beaucoup plus orienté vers la sociabilisation que vers la créativité pure (en témoignent les applications disponibles pour Facebook).

Au final Twinity est donc un acteur majeur dans la catégorie Mondes miroirs, il va devoir y faire sa place aux côtés d’autres univers comme Cities XL (cf. Cities XL Review) et essayer de ne pas se faire balayer par les mastodontes qui gravitent en périphérie (Google avec Earth, Microsoft avec Bing Maps).

Habbo intègre Facebook Connect et propose un outil de mesure des conversations

Les équipes de Sulake nous propose une actualité particulièrement riche pour Habbo en ce mois de décembre avec la sortie d’un outil de conversation (Habbo offers teenage marketing insight through new conversation measurement tool) et l’intégration avec Facebook (Habbo and Facebook are now connected).

Commençons par l’intégration de Facebook : il est maintenant possible de faire de l’authentification double dès la page d’accueil. Le processus est rapide et permet de lier vos deux comptes (Habbo et Facebook) :

Habbo + Facebook

Habbo + Facebook

Une fois cette étape passée, votre profil Facebok est affiché sur le tableau de bord :

Habbo_Accueil

Intégration de Facebook dans l'univers de Habbo

Et inversement vous pouvez jouer à Habbo depuis votre profil Facebook :

Habbo dans votre profil Facebook

Habbo dans votre profil Facebook

Voilà un rapprochement intéressant entre deux géants : Facebook avec ses 350 milions de membres (moyenne d’âge supérieure à 30 ans) et Habbo avec ses 155 millions de membres (dont la majorité à moins de 19 ans). Les possibilités de viralisation et de campagnes croisées sont nombreuses, encore faut-il pouvoir les mesurer…

… et justement c’est maintenant possible grâce à Habble, un outil permettant de tracker les conversations portant sur des marques, des slogans ou des phrases-clés :

Mesurez les conversations dans Habbo avec Habble

Mesurez les conversations dans Habbo avec Habble

D’après une expérimentation menée en septembre par MTV la campagne relayée pendant les MTV European Music Awards a générée un accroissement des conversations de 371% en Angleterre et 762% en Hollande. Ce Habble est donc l’arme secrète des marketeux qui vont pouvoir mesurer de façon beaucoup plus précise le ROI de leurs campagnes. D’autant plus que les résidents de Habbo ne sont pas réfractaires à ce type d’opérations (75% acceptent la présence des marques et 56% en parlent à leurs amis).

(via Worlds in Motion)

Scamville, ou pourquoi les social games ne sont pas la poule aux oeufs d’or

Je souhaiterais revenir ce soir sur une polémique qui a secouée le (petit) monde du v-business mais qui est passée totalement inaperçue en France, elle concerne l’origine plus que douteuse des revenus des casual games hébergés sur les plus grands réseaux sociaux : Scamville: The Social Gaming Ecosystem Of Hell. L’accusation est lourde, mais elle est portée par LE poids lourd de la blogosphère US et dénonce avec force les dérives et arnaques qui avaient libre court il y a encore moins de deux mois.

Pour faire court : la quasi-totalité des social games disponibles sur Facebook sont gratuits, pour gagner de l’argent, les éditeurs sont donc obligés d’afficher des bannières dans leurs jeux. Plutôt que de démarcher les annonceurs un à un, ils s’adressent à des régies qui font office d’intermédiaires entre l’éditeur et les annonceurs. Comme les bannières ne fonctionnent pas, les éditeurs ont donc intégrés de façon beaucoup plus subtile les annonceurs en leur permettant d’être présent au sein de la mécanique du jeu (inscription à un questionnaire en l’échange de monnaie ou biens virtuels) :

Publicités douteuses sur Farmville

Les offres d'annonceurs (plus que) douteux sur Farmville

Au début tout allait bien, jusqu’à un certain moment où les annonceurs les plus généreux étaient en fait les moins scrupuleux et proposaient des arnaques de plus en plus honteuses (test de Q.I. avec réponse par SMS pour récupérer votre N° de téléphone mobile, inscription déguisée à des services à abonnement…). Bref, il y a eu une dérive massive largement ignorée par les éditeurs qui pendant ce temps là engrangeaient de gros bénéfices (plusieurs dizaines de milliers de $ par jour).

La situation a commencée à devenir vraiment malsaine quand quasiment tous les annonceurs (ceux qui payaient le mieux et éclipsaient les autres) étaient des casinos en ligne, spammeurs industriels et autres commerces mafieux de pilules bleues. Une situation paradoxale dans la mesure où les jeux les plus populaires (donc les plus ciblés) sont pourtant les plus “bon enfant” (FarmVille, CaféWorld, FishVille…), une bien mauvaise presse pour des éditeurs qui étaient perçus alors comme les nouveaux rois du v-commerce mais dont la fortune avait été en partie faite sur des arnaques : Zynga Says 1/3 Of Revenue Comes From Lead Gen And Other Offers.

D’abord accueillie avec perplexité, la dénonciation publique de l’auteur de l’article originale a été très rapidement confirmée par un ex-patron repenti : How To Spam Facebook Like A Pro: An Insider’s Confession. Non seulement tout ce qui avait été dénoncé était vrai, mais les pratiques décrites par cet ancien patron de réseau publicitaire sont tout simplement scandaleuses :

  • Utilisation abusive et détournée des informations des “amis” de l’utilisateur pour inciter au clic (et à l’inscription) ;
  • Masquage des bannières frauduleuses aux employés de Facebook (en fonction de leur adresse IP)…

Des aveux qui font froid dans le dos, surtout lorsque l’on regarde les montants que cela représentait pour les éditeurs (et donc indirectement les réseaux comme Facebook et MySpace) : “trickery is profitable“. Malgré de nombreuses plaines déposées par les utilisateurs, il a fallu que le scandale éclate au grand jour pour que les réseaux décident de faire le ménage et de se soucier de leurs membres (Zynga Takes Steps To Remove Scams From Games, RockYou Joins The No Scams Parade. But What’s Facebook Up To?, MySpace Says Zero Tolerance For App Scams, Changes Terms Of Use et enfin Facebook To Increase Enforcement Of Anti-Scam Rule).

Le plus alarmant dans cette histoire est que cet ancien patron nous révèle dans son témoignage deux vérités qui sont dures à attendre : la très grosse majorité des utilisateurs de Facebook ne veulent payer pour rien, le mécanisme de ciblage est largement surévalué, le trafic “subventionné” (gain de points ou monnaie virtuelle en échange de clics ou d’inscription) ne vaut rien car il ne transforme quasiment jamais. Cette polémique nous fait donc réfléchir sur la miraculeuse masse d’utilisateurs de Facebook qui ne demandait qu’à être convertie aux joies des jeux sociaux et s’offraient ainsi à des annonceurs ravis de renouer à nouveau avec des taux de clic oubliés depuis de nombreuses années. Notez que sur d’autres plateformes les choses se passent visiblement mieux avec une offre bien mieux contrôlée (notamment sur Hi5 qui propose sa propre monnaie virtuelle).

Aujourd’hui la situation semble être à peut stabilisée avec une réflexion en profondeur sur les moyens d’éviter que cela ne se reproduise : Should Facebook Create a New Type of Relationship for Game Friends?. Cette réflexion est plus qu’urgente car visiblement d’autres types de dérives sont toujours en cours : Facebook now supports astroturfing in social games. Il est ainsi question de lobbies distribuant de la monnaie virtuelle en l’échange d’inscription à des pétitions visant à faire influencer des membres du gouvernement (cette pratique est baptisée l’astroturfing).

Les lobbies politiques envahissent les jeux de Facebook

Les lobbies politiques envahissent les jeux de Facebook

Encore une fois, ces pratiques sont tolérées car rentables (tout le monde y gagne… sauf l’utilisateur, mais il a cliqué donc tant pis pour lui !). Mais relativisons tout de même en précisant que les revenus en provenance de régies publicitaires ne représentent qu’une partie du C.A. des éditeurs, ils gagnent encore beaucoup d’argent avec la vente de biens virtuels et de campagnes de sponsoring pour des annonceurs plus vertueux.

Au final, cette polémique a été plus que bénéfique car elle a permit de réaligner le marché sur des pratiques plus respectueuses… mais des revenus beaucoup plus faibles ! Ceci n’est pas plus mal car plus les montants sont élevés et plus la tentation est grande de fermer les yeux sur des petits trafics. Il est certain que l’eldorado des social games a perdu de son éclat, mais le potentiel du v-business est toujours intact, charge aux éditeurs de bien travailler leur modèle économique et de ne pas tomber dans les pièges qu’offrent des régies avides de profits rapides. Espérons que cette mini-crise permettra de poser les bases d’un écosystème plus sain.

À la découverte de Sanalika, le social MMO turc

Vous avez forcément entendu parlé du zeitgeist 2009, le palmarès des mots-clés les plus utilisés sur Google en 2009. Mais comme le fait très justement remarqué Techcrunch EU, il y a comme un intrus dans la liste : Why does Turkish startup Sanalika feature on Google Zeitgeist 2009?.

Les mots-clés les plus populaires en 2009

Les mots-clés les plus populaires en 2009 sur Google

L’intrus dans cette liste, c’est Sanalika, un univers virtuel turc orienté jeux en ligne multi-joueurs, en d’autres termes un social MMO. Bon vous pourriez me dire que “dantri.com.vm” ou “tuenti” sont aussi des intrus mais quand même… “sanalika” devant le raz-de-marée”new moon“. Peut-être que Sanalika est également un raz-de-marée dans son pays…

Il existe très peu d’infos sur Sanalika, si ce n’est les chiffres très impressionnants fournis par Techcrunch : 3 millions d’utilisateurs pour un site qui n’existait pas il y a un an (ouverture en Novembre 2008). Voilà une belle performance pour un pays où ils ne disposent pas d’un taux d’équipement élevé ou de connexions broadband à bas prix.

Pour le moment la page d’accueil de Sanalika est en rade (peut-être est-ce dû à un pic de trafic) mais sinon elle ressemble à ça :

La page d'accueilde Sanalika

La page d'accueil de Sanalika

Ils ont aussi un compte Twitter mais c’est en turc… Il y est donc question de sociabilisation et de jeux en ligne. Le look & feel en 3D isométrique est moderne et assez proche de ce qui peut se faire ailleurs (Habbo, SmallWorlds, Taatu…) :

L'interface de Sanalika

L'interface de Sanalika

Vous apprécierez le nombre important de joueurs à l’écran, visible également dans cette vidéo :

Je manque cruellement de précisions sur cet univers, mais en fouillant dans les archives de Google j’ai trouvé la preuve que les annonceurs y sont présents :

Les annonceurs dans Sanalika

Les annonceurs dans Sanalika

Voici donc un bel exemple de réussite “locale” pour un acteur qui a su s’imposer en un minimum de temps. Si vous avez plus d’infos, je suis preneur (merci de mettre des liens en commentaire).

Découvrez Waatavi, le premier social MMO

Depuis le temps que je vous parle des univers virtuels il me tardait de pouvoir être impliqué dans un projet d’envergure? Laissez-moi donc vous parler de Waatavi, une plateforme sociale de nouvelle génération qui vient juste de rentrer en phase beta. Le site est pour le moment très pauvre mais vous trouverez des tonnes d’infos sur le blog et le profil Facebook.

logo_waatavi

Social Games + Casual MMO = Social MMO

Vous connaissiez déjà les plateformes sociales de jeux comme OMGPOP, Doof ou CasualCollective (à mi-chemin entre casual games et réseaux sociaux). Vous connaissiez déjà les casual MMO comme SmallWorlds ou OurWorld (à mi-chemin entre casual games et jeux massivement multi-joueurs). Et bien Waatavi ce situe à mi-chemin de ces concepts, ou du moins cette plateforme ambitionne de couvrir à la fois les aspects sociaux, virtuels et jeux multi-joueurs. Lors de mes premières rencontres avec les équipes de Pulsanim Interactive nous avons ainsi travaillé sur un concept de simulation de vie  au sein d’une communauté virtuelle centrée sur les jeux multi-joueurs.

Le tableau de bord de Waatavi

Le tableau de bord de Waatavi

L’innovation majeure de ce projet est de proposer une plateforme hybride qui prenne la forme d’un portail communautaire de jeux en ligne et d’un univers virtuel “casual. Donc pour résumer :

  • Vous disposez d’un profil avec des fonctions communautaires classiques (liste d’amis, groupes, badges, messagerie, mur, partage de contenus…) ;
  • Vous créez un avatar qui va évoluer dans un univers virtuel plus immersif (gestion du look mais également des compétences et de l’espace perso – l’appartement) ;
  • Vous participez à des jeux multi-joueurs (avec commentaires, notes, classements et boosts).

C’est la complémentarité de ces deux facettes qui fait l’originalité de la plateforme (qui représente tout de même une année entière de R&D). Aujourd’hui le modèle est finalisé, mais pas les développement, voilà pourquoi la phase beta ouverte cette semaine va se dérouler sur plusieurs mois. L’objectif étant de stabiliser le périmètre d’ici à mars 2010 pour pouvoir ensuite l’enrichir progressivement.

Gros point fort de la partie “univers virtuel”, le décor en all scrolling map que l’on ne retrouve sur aucun autre univers accessible au travers du navigateur. Le look&feel est réaliste et propose un rendu en cell shading intéressant pour bien discerner les avatars :

La place publique de Waatavi

La place publique de Waatavi

Il existe de nombreuses options de personnalisation des avatars (vous noterez au passage que votre avatar n’est pas figé mais se dandine pendant la séance d’habillage) :

La personnalisation de l'avatar chez Waatavi

La personnalisation de l'avatar chez Waatavi

Au niveau des différents espaces communautaires, il n’y a pour le moment qu’un seul plateau où l’on retrouve la discothèque pour faire des rencontres (et oui, car cette plateforme s’adresse avant tout aux ados) :

Les premiers croquis de la discothèque

Les premiers croquis de la discothèque

Sinon vous avez aussi le cinéma où il est possible de visionner des bandes annonces avec vos amis et de faire des commentaires “en séance” :

Le cinéma de Waatavi

Le cinéma de Waatavi

Côté portail, les profils sont assez riches et autorisent un bon niveau de sociabilisation autours des profils (avatars) et des jeux :

Les profils sur le portail

Les profils sur le portail

Pour le moment il n’y a que deux jeux de finalisés mais de nombreux devront suivre (dont des équivalents de Texas Hold’em, jeu de tanks, Mario Kart-like) : Just Draw It et Wordinary. Les parties permettent à 6 joueurs de s’affronter en même temps :

Un jeu multi-joueur sur Waatavi

Un jeu multi-joueur sur Waatavi

Il y a également tout un volet social avec l’implémentation de Facebook Connect qui vous permet de relier vos deux profils (Facebook et Waatavi) afin d’entendre votre graph social (une application Facebook totalement synchronisée est en cours de développement, elle reprendra l’intégralité du contenu). A terme d’autres widgets devaient sortir (notamment pour les blogs et pour les réseaux sociaux compatibles OpenSocial).

Partenariats et messages ciblés

Concernant les contenus, précisons que de nombreux flux sont disponibles dans l’univers : YouTube, FlickR et même Jiwa pour la musique. Ces partenariats ont de l’importance car ils vont permettre de générer tout une dynamique communautaire autour du partage de contenus multimédia in-game où il sera possible d’acquérir une chaine hifi Jiwa qui permettra à l’utilisateur de partager ses titres préférés publiquement, c’est à dire diffuser un titre musical en temps réel à son cercle d’amis connectés (seules les personnes dans la même room pourront l’entendre).

Il existe déjà des univers disposant de partenariats médias solides (je pense notamment à Taatu) mais Waatavi apporte en plus une dimension social gaming non négligeable (grâce à des années d’expérience en tant que prestataire dans le domaine).

Pour ce qui est des annonceurs, ils ne sont pas en reste car la plateforme sera dotée de nombreuses possibilités et formats : bannières, thèmes, interstitiels sur le portail, objets virtuels, évènements, sponsoring dans l’univers… cf. Waatavi For Brands.

Un modèle économique reposant sur l’abonnement et les objets virtuels

Un modèle premium est prévu dés le lancement de la plateforme avec un système d’argent de poche qui sera versé chaque mois pour acheter des objets virtuels ou customiser son avatar. Mais c’est du côté des jeux que l’on trouvera des choses intéressantes avec la possibilité d’acheter des boosts pour améliorer ses performances en partie (extension de temps, malus pour l’adversaire… ex : la peau de banane dans Mario Kart).

Déjà des soldes chez Waatavi ?

Déjà des soldes chez Waatavi ?

Comme vous pourrez vite vous en rendre compte il reste un certain nombre de détails à régler sur la plateforme, mais c’est à ça que servent les phases beta ! En tout cas le projet avance vite et je suis impatient de le voir déployer dans sa totalité. Petit conseil : pour bien apprécier la plateforme je vous recommande de vous y connecter entre 17 H 30 et 18 H 30 pour les Happy Games Hours.

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